« Je suis le pain de la vie"

Publié le par Père Maurice Fourmond

19è dimanche 

Jean 6, 41-51

 

Homélie

 

    En ce dimanche, nous continuons le chapitre 6 de Saint Jean sur le pain de vie. Je voudrais méditer avec vous quelques instants sur quelques interrogations que me pose ce passage de l’évangile : la première st : pourquoi les gens ont-ils tant de difficulté à accueillir la parole de Jésus. La seconde est cette parole un peu mystérieuse de Jésus : « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». Enfin qu’est-ce que Jésus a voulu dire lorsqu’il affirme « Je suis le pain de la vie, si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Comment comprendre ces paroles de l’évangile et comment elles interrogent notre vie ?

 

    A priori, la réaction de ceux qui ont entendu Jésus et leur difficulté à accueillir sa parole peut être très compréhensible : n’est-il pas un homme comme nous ? N’est-il pas le fils de Joseph que nous connaissons ainsi que sa mère ? Cette interrogation des compatriotes de Jésus revient à maintes reprises dans les évangiles ; les gens demandent : « d’où lui vient cette autorité… quel signe évident donne-t-il qui nous permette de le croire ? 

 

    Certes, nous aujourd’hui, nous avons plus de facilité pour accueillir la parole de Jésus ayant le témoignage non seulement des disciples de Jésus mais de millions d’hommes et de femmes qui ont fait de la parole du Christ le centre de leur vie. Mais les paroles de Jésus sont parfois bien ambiguës et nous avons tous besoin d’être aidés dans l’interprétation que nous pouvons faire des paroles de l’évangile. Certaines paroles sont parfois très claires, mais souvent elle sont dites dans un contexte qui nous échappe et il nous faut la lumière de l’Esprit de Jésus pour l’interpréter correctement. 

 

    Nous savons que l’Esprit de Jésus se trouve au coeur de ceux qui se réunissent pour méditer ensemble la Parole de Dieu : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » Mt 18, 20. C’est pourquoi nous avons besoin des uns et des autres pour accueillir et comprendre les parole de Jésus. Toutefois nous avons du mal à réaliser que Dieu continue à nous parler à travers de nombreux « prophètes » que nous rencontrons quotidiennement.  Qui de nous n’a pas reconnu à travers telle parole, tel geste d’une personne rencontrée, une parole de Dieu qui nous bouleverse et interroge notre vie ? Alors, ayons le coeur ouvert pour discerner chez tant et tant de personnes qui croisent notre route, une parole de Dieu venant éclairer, voire provoquer notre vie. Demandons au Christ Jésus de savoir l’accueillir humblement et avec joie.

 

    Venons-en à la parole de Jésus « « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». On pourrait penser que cette parole nous dédouane de notre responsabilité et met en cause la décision personnelle de l’acte de foi. Bien sûr il n’en est rien. Tout au contraire, la parole du Christ nous éclaire sur ce qu’est notre acte de foi. La première chose que nous dit Jésus est que Dieu nous précède toujours en nous-mêmes et chez les autres. J’avais toujours été interrogé par le phrase de Jésus « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ». Jésus parle de moisson et non de semence, ce qui veut dire que Dieu est présent dans le coeur de chacun avant même que nous n’en ayons conscience. L’évangélisation est d’abord un acte de révélation : dire à l’autre ce qu’il est déjà, nommer celui qui l’habite déjà, celui qui lui parle déjà. N’est-ce pas le rôle des accompagnateurs de catéchumènes  : révéler au catéchumène la beauté qui l’habite déjà ; ensuite bien sûr pouvoir répondre à ses interrogations : quelle est cette beauté qui m’habite et que je voudrais connaître ?

 

    L’acte de foi est donc d’abord un don de Dieu, une présence de Dieu au plus profond de ma vie. Mais et c’est le second aspect de l’acte de foi, je ne peux accueillir cette présence s’il n’y a pas en moi un certain appétit, une certaine attente, une certaine complicité, une certaine soif d’absolu, de vérité. J’ai donc la responsabilité de creuser en moi cette quête qui me permettra de reconnaître la présence mystérieuse en moi du Seigneur.

 

    Et cette quête va prendre corps en moi et s’exprimer en un  « je crois » grâce aux événements qui traversent ma vie. En effet, Dieu manifeste sa présence et m’interpelle à travers des signes que sont telle parole, tel événement, telle rencontre. 

 

    Alors rendons grâce à notre Père  de ce qu’il est toujours l’initiateur, le premier à nous ouvrir un chemin de vérité et de bonheur et apportons-lui toute la force e not désir.

 

    Dans la finale de notre évangile, Jésus affirme : « Je suis le pain de la vie, si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Que veut nous dire Jésus ? Il s’agit de nous nourrir du Christ, de sa vie, de ses paroles car manger son corps, c’est manger sa vie, se nourrir de sa vie. C’est pourquoi déjà la contemplation de Jésus à travers les récits de ses disciples est fondamentalement ce pain qui nous fait vivre. En méditant la vie de Jésus, nous nous nourrissons de son corps. 

 

    Mais le corps du Christ n’est pas seulement présent dans le récit des évangélistes, il est aujourd’hui présent dans le monde. Il convient donc de reconnaître le Christ vivant dans la vie des hommes et des femmes aujourd’hui. Se nourrir du corps du Christ, c’est reconnaître sa présence nourrissante dans notre monde à travers tous les gestes d’humanité qui sont vécus autour de nous. Chaque fois que nous donnons ou que nous recevons cet amour dont Jésus est la source, nous nous nourrissons de son corps. Bien sûr, le signe éminent de cette présence, de cette nourriture est donné dans l’eucharistie, à travers la Parole proclamée et à travers le pain et le vin consacrés.

 

    Ainsi le sommet de notre vie de chrétiens est le Christ Jésus  et l’eucharistie que nous célébrons en est la plus lumineuse manifestation.

 

    Merci, Seigneur Jésus, de nous offrir sans cesse cette nourriture qui nous permet d’avancer sur le chemin de notre vie, sur le chemin de la rencontre de ton Père qui est aussi notre Père.

Publié dans Homélies du dimanche

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