" Je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi"

Publié le par Père Maurice Fourmond

2 Novembre 2015

Évangile : Jean 14, 1-6

 

Homélie

 

    En ce jour où l’Église nous invite à rendre présent à notre prière tous ceux qui nous ont précédés en Dieu, comment ne pas être touchés par les paroles de Jésus rapportées dans l’évangile que nous venons d’entendre.

 

    Le Seigneur Jésus nous dit à quel point il se veut solidaire de chacun de nous : « Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi ». Jésus affirme ainsi à la fois le lien insécable qui nous unit à lui et en même temps une merveilleuse promesse.

 

    Dans notre foi, nous croyons que Dieu s’est fait homme en Jésus de Nazareth afin de lier notre destinée à celle de son Fils bien aimé. C’est le sens de la parole de Jésus que nous avons entendu. Dieu a lié notre destinée à celle de son fils. Comme le dit l’apôtre Paul : « Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu… Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » 1 Co 15, 12-14. 20. 

 

    C’est notre foi en ce Jésus qui a traversé comme nous sa mort humaine mais que l’amour infini de Dieu a transfiguré et que nous croyons vivant, cette cette confiance qui apaise notre coeur. Certes, nous ne pouvons pas nous représenter ce qu’est cette vie en Dieu pas plus que nous ne pouvons comprendre la vie de Dieu. Mais nous croyons en cette vie divine et nous croyons que ceux que nous avons aimé sont transfigurés de la même vie qui a transfiguré Jésus.

 

    C’est pourquoi, notre prière ce matin n’est pas d’abord le souvenir de ceux que nous avons aimé. Nous croyons que à travers notre assemblée de prière, à travers la parole de Dieu proclamée, à travers le sacrement de l’eucharistie, ce Jésus qui a vécu sa vie d’homme voilà environ 2000 ans, est présent au milieu de nous selon la promesse de Jésus lui-même : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » Mt 18, 20. Si Jésus est mystérieusement présent au milieu de nous et si nous croyons quand Jésus nous dit que là où il est, tous ceux qu’il aime le sont aussi, ceux que nous aimons et qui sont avec Jésus sont donc mystérieusement présents ce matin dans notre prière, s’associant à notre prière, priant avec nous et pour nous. Il y a une communion profonde entre tous ceux que Dieu aime et qui sont unis à Jésus vivant.

 

    Ceux que nous aimons sont avec Jésus et donc sont avec nous ce matin comme chaque fois que nous prenons conscience de la présence du Christ vivant. Cette certitude de foi est pour nous la source d’une grande paix. Certes, cette présence reste en dehors de nos sens, de notre vue, nous ne pouvons ni voir, ni toucher, mais cette présence spirituelle est réelle. Ceux que nous aimons sont comme et avec le Christ Jésus, des compagnons fidèles et aimants sur notre route.

 

    Bien sûr, la foi est un acte de confiance qui n’est pas évident et nous nous reconnaissons bien dans la réaction de l’apôtre Thomas. Thomas exprime son doute « nous ne savons même pas où tu vas », et Jésus ne lui en fait pas le reproche, il montre simplement un chemin qui nous entraîne vers la vérité et la vie. Et ce chemin, c’est ce que Jésus nous a montré à travers sa vie et ses paroles. C’est un chemin qui a ses exigences mais qui nous apporte toujours la paix intérieure et une solidité pour construire notre vie. Jésus est à la fois le berger des sources vives qui nous conduit vers la source, il est le roc sur lequel nous pouvons nous appuyer dans les moments de détresse, il est le reflet de la tendresse de Dieu qui n’abandonne pas ses amis même et surtout lorsque le chemin est difficile. Comme le dit ce poème brésilien que beaucoup connaissent, dans les moments les plus difficiles, Dieu nous porte nous donnant ainsi la force pour poursuivre notre route avec au coeur même une joie profonde.

 

    Dans cette eucharistie, remettons notre peine, notre vie entre les mains de celui qui se veut lié à chacun de nous par un amour qui ne se démentira jamais.

Publié dans Homélies du dimanche

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article