"Préparez le chemin du Seigneur"

Publié le par Père Maurice Fourmond

3è dimanche de l’Avent C

Évangile Luc 3, 10-18

 

Homélie

 

    C’est encore le personnage de Jean Baptiste qui est au coeur de notre évangile en ce 3è dimanche de l’Avent. Pendant ce temps de l’Avent, il s’agit, à l’exemple de Jean le Baptiste, de préparer le chemin du Seigneur.

 

    Préparer le chemin du Seigneur commence par notre propre conversion. Il s’agit de repérer ce qui est obstacle, en contradiction avec ce que Jésus nous propose par sa parole et ses actes, et donc d’opérer les changements qu’il nous est possible de faire afin d’être mieux accordés à Dieu, au Royaume de Dieu. C’est cette conversion que nous suggère la première partie de notre évangile. À chacune des personnes qui viennent le trouver, Jean Baptiste pointe du doigt les secteurs de leur vie qui demandent à être rectifiés. Il permet à chacun de faire la lumière sur sa vie et de mesurer ce qu’il convient de changer. 

    Ainsi, c’est à chacun de nous qu’il est demandé de vérifier ce qui dans sa vie est en désaccord avec l’évangile afin de pouvoir reprendre un chemin de sainteté. Pour ce discernement, nous avons besoin d’être éclairés par la lumière de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint passe souvent par le regard de nos proches qui repèrent parfois avec plus de justesse ce qui en nous blesse l’évangile de Jésus Christ. En effet, nous nous trompons souvent sur les priorités sur ce qui est obscur dans nos vies ; nous donnons parfois plus d’importance à tel ou tel comportement alors que les blessures de l’amour sont ailleurs. Les autres sont bien souvent des prophètes qui nous aident à voir le chemin qu’il convient de prendre. Il nous faut donc prier l’Esprit de Jésus afin d’y voir plus clair sur la conversion qui nous est demandée.

 

    La seconde partie de l’évangile d’aujourd’hui est d’un autre ordre. L’attitude de Jean Baptiste nous invite à l’humilité du coeur. Au fond, préparer la venue du Seigneur suppose certes notre conversion, mais dans un coeur humble. C’est le coeur humble du publicain dans la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18). Le publicain reconnaît sa propre faiblesse qu’il présente humblement à Dieu : « Mon Dieu aie pitié du pécheur que je suis » (v. 13). Et Jésus va déclarer cet homme juste, ajusté, accordé au Dieu de miséricorde contrairement à l’autre dont l’orgueil et le mépris des autres éloignent du Royaume. C’est l’humble vérité reconnue par le publicain de la parabole qui fait qu’il est justifié, accordé à Dieu.

 

    La conversion n’est donc pas seulement suivre un chemin de respect des règles morales, mais le faire dans un esprit humble qui sait reconnaître où est l’essentiel du message de Dieu, qui sait reconnaître ses propres limites comme ses propres failles.

 

    Notre conversion ne nous situe pas dans une satisfaction morale, elle nous place humblement près du coeur de Dieu. 

 

    Puisque nous entrons dans l’année de la miséricorde, notre chemin de conversion pourrait être de suivre en particulier la parole de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6). Nous pourrions essayer d’entrer dans cette belle exigence de la miséricorde en nous laissant toucher par la détresse d’autrui, en nous efforçant de diminuer autant qu’il nous est possible la mal qui blesse notre monde, en cherchant des chemins de réconciliation si nous avons blessé quelqu’un ou en ouvrant un avenir par le pardon à celui qui m’a blessé. Comment entrer dans un chemin de conversion sans nous situer dans l’espérance, celle que nous donne la présence au creux de notre vie d’un Dieu qui n’est que miséricorde. Nous n’aurons le courage de la conversion qu’en nous appuyant sur la confiance que Dieu nous offre, sur cette miséricorde qui nous ouvre un avenir de joie et de paix.

 

    Au début de cette année de la miséricorde, comment ne pas entendre la promesse de Dieu rapportée chez le prophète Ézéchiel : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles ». Ez 36, 25-27.

 

    Cette promesse de Dieu est rappelée dans l’eucharistie que nous célébrons ce soir. Alors, rendons grâce à Dieu qui est un Dieu de miséricorde.

    

Publié dans Homélies du dimanche

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