« C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés" Ga 5, 1

Publié le par Père Maurice Fourmond

Mercredi des Cendres

10 Février 2016

 

Homélie

 

    Le mot « Carême » vient du latin et veut dire « quarante ». Ce temps rappelle en particulier les quarante ans, tels que racontés dans le livre de l’Exode, au cours desquels les hébreux, sous la conduite de Moïse, ont été libérés de l’esclavage d’Égypte et ont marché vers la terre promise. Notre terre promise n’est autre que notre accomplissement, notre résurrection à la suite du Christ ressuscité, résurrection que nous célébrons à Pâques.

 

    Ainsi notre marche pendant le Carême est une marche de libération. Le Carême n’a pas d’autre sens que de construire, avec l’aide de l’Esprit Saint, notre liberté, cette liberté qui nous permet d’accueillir et de partager la vie même de Dieu. Si je peux me permettre, saint Paul dans sa lettre aux Galates nous dit l’essentiel du Carême dans cette recommandation : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage » Ga 5, 1.

 

    Ainsi, pour nous préparer à Pâques, il convient que nous avancions sur le chemin  de notre libération et ainsi nous ouvrir à notre résurrection avec le Christ. C’est avec un coeur libre que nous voulons vivre Pâques, ce moment si important non seulement pour nous les chrétiens, mais pour l’humanité entière. Ainsi le Carême nous offre un chemin de libération afin que, selon le désir de Dieu, nous avancions sur la route de notre humanité, sur la route de notre accomplissement dernier, sur la route de notre sainteté, sur la route de notre résurrection.

 

     Mais quelle est-elle cette libération à la fois fruit de l’action divine et de notre collaboration généreuse, de quoi avons-nous besoin d’être libéré afin d’être davantage disponibles à la présence de Dieu dans nos vies et ainsi de réaliser ce que nous sommes vraiment ?

 

    C’est à chacun de réfléchir à ce dont nous sommes plus ou moins esclaves : nos habitudes, notre attachement aux biens matériels, nos jugements négatifs, nos refus de la différence, nos rancunes.

 

    Mais il y a aussi une certaine libération spirituelle favorisée par le temps du Carême. Nous savons que le bruit extérieur et intérieur brouille la pensée et empêche l’élan du coeur. Il s’agirait donc de redécouvrir l’importance du silence en sachant que le silence n’est pas seulement l’absence de bruit sensible à nos oreilles, mais ce bruit intérieur qui n’est autre que le fait d’être envahi par tant de préoccupations, de soucis, de choses à penser et à faire qu’il n’y a plus de place pour écouter Dieu. Le silence laisse de la place à Dieu. Les auteurs spirituels nous disent que le silence intérieur n’est pas autre autre que le « lâcher-prise ». 

 

    Nous vivons cette tension permanente entre une volonté de tout maîtriser et une attitude d’abandon et de confiance. L’expérience nous montre que la maîtrise a des limites et qu’il nous faut, à un moment, entrer dans la confiance. La confiance suppose non pas d’oublier les difficultés et les soucis, mais de les porter avec le Dieu de tendresse qui accompagne notre vie. La confiance consiste à s’appuyer sur une présence aimante qui ne nous abandonnera jamais. La confiance, c’est cette certitude que, si Dieu ne peut modifier les événement de nos vies, il nous apportera toujours la lumière et la force pour les assumer. C’est le don de l’Esprit Saint, de l’Esprit de Jésus.

 

    Cette confiance va se forger dans le silence du coeur et de l’esprit et non dans l’agitation. Comment ne pas nous rappeler la parole de Jésus à son amie Marthe : «Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire » Lc 10, 41-42. Le Carême n’est-il pas un temps pour retrouver dans le silence l’essentiel de notre vie.

 

    Les cendres symbolisent ce travail qui est un travail en nous de mort et de résurrection. C’est déjà la puissance de Pâques qui est à l’oeuvre dans notre vie.

 

    Alors confions notre quête silencieuse au Seigneur dans la confiance en la force de son Esprit.

 

 

 

 

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