Pendant qu'il priait, il fut transfiguré devant eux

Publié le par Père Maurice Fourmond

2è dimanche de Carême C

Luc 9, 28b-36

Le Transfiguration

 

Homélie

 

    C’est un évangile étonnant que l’Église nous offre pour ce 2è dimanche de Carême. Il nous fait entrer dans l’intime de la vie de Jésus, dans sa relation particulière qu’il entretient avec Dieu son Père. C’est très rare, mais pour une fois, l’évangile nous relate ce qui se vit en Jésus pendant qu’il prie.

 

    Les apôtres qui l’ont accompagné sur la montagne sont les témoins éblouis de la prière de leur maître. Ils n’en voient que la manifestation extérieure, mais on peut penser que ces manifestations ne font qu’exprimer la force de l’amour qui habite Jésus dans sa relation filiale avec Dieu. C’est la puissance transformante de l’amour qu’est Dieu lui-même, qui embrase le coeur de Jésus et irradie sur toute sa personne, son visage et même ses vêtements.

 

    On a dit que ce récit était comme l’annonce de la résurrection de Jésus. Il faut aller plus loin : ce récit nous montre la résurrection, cette transformation dans l’amour qu’est Dieu, déjà à l’oeuvre en Jésus comme elle l’est en chacun de nous. Si, avec nos pauvres mots humains, nous pouvons dire que la résurrection n’est autre que la totale transformation de notre personne en l’amour vivant qu’est Dieu lui-même, on peut dire que cette transformation est déjà à l’oeuvre en Jésus et que sa transfiguration en est déjà le signe.

 

    Par la prière, entrant dans l’amour qu’est Dieu, nous sommes présents à tous ceux que Dieu aime comme à tous ceux que nous aimons. Jésus se présente au Père porteur de toute l’histoire de son peuple dont Moïse et Élie sont des personnages significatifs. Curieusement dans sa prière, Jésus évoque son départ. Ce départ peut être considéré comme son exode, son passage ainsi que le dit l’évangile de Jean au chapitre 13 : « Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père… » Jn 13, 1. On comprend ainsi la présence de Moïse et d’Élie qui tous deux ont dû vivre eux aussi un exode, un passage.

 

    Les trois apôtres Pierre, Jean et Jacques ne sont pas seulement des témoins de la prière de leur maître, ils y participent : ils entrent dans la nuée, symbole de la présence de Dieu : « une nuée survint et les couvrit de son ombre ». Comme Moïse au Sinaï, ils entendent la voix de Dieu qui les invite à écouter ce Fils transfiguré par son amour : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ».

 

    Ce récit de la transfiguration nous parle à nous ce soir. Chacun de nous est pris avec Jésus comme Pierre, Jacques et Jean afin de partager la prière du Christ Jésus. Chacun est invité à contempler le Christ dans sa relation au Père et à s’y associer au cours de cette eucharistie. Chacun de nous est invité ce soir à entrer dans la prière filiale de Jésus. C’est vraiment comme des filles et des fils de Dieu, comme choisis par Dieu en Jésus, que nous vivons cette eucharistie. C’est donc pour vivre une prière aimante en communion avec la prière aimante de Jésus que nous sommes venus ce soir dans cette église.

 

    À nous aussi est adressée la parole de Dieu : « Celui-ci est mon Fils, écoutez-le ». Dieu nous invite à écouter Jésus, le Fils bien aimé. Écouter le Christ c’est à la fois être attentifs à sa parole, à ce qu’il a laissé transparaître à travers toute sa vie, à travers son attitude, sa compassion, sa fidélité, comme aussi entrer dans sa prière.

 

    Ce récit de la transfiguration de Jésus signe de cette transformation qu’on désigne sous le nom de résurrection nous invite à réaliser que l’amour de Dieu travaille toute notre vie et cela depuis le premier instant de notre existence. Dès le premier instant de notre vie, nous sommes habités par un amour divin qui ne demande qu’à habiter nos pensées et nos actes, qu’à les transformer en un amour éternel. Ainsi en aimant à la manière de Jésus, nous participons à notre propre résurrection, nous collaborons avec l’Esprit de Dieu pour que notre vie soit transformées par cet amour divin en attendant le dernier passage, celui de notre mort où nous serons alors pleinement et définitivement transfigurés dans l’amour qu’est Dieu.

 

    Comment ne pas rendre grâce au Dieu de Jésus qui nous offre ainsi une si étonnante perspective, un si beau travail sous l’action de son Esprit.

Publié dans Homélies du dimanche

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