Jubilé sacerdotal (65 ans) et anniversaire (90 ans) de Maurice Fourmond - Octobre 2016

Publié par Viviane

Messe

Introduction

 

    Mes amis, c’est un immense merci que je voudrais aujourd’hui remettre entre les mains du Christ Jésus. Un merci pour vous tous, pour toutes les personnes que j’ai eu la chance et la joie de rencontrer et qui m’ont tellement apporté. Je l’ai dit souvent parce que c’est vrai : si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est, pour une large part, grâce à vous. Si j’ai pu être fidèle pendant ces 65 années comme prêtre, c’est vous qui m’avez aidé à tenir debout, à grandir un peu dans la fidélité et dans la vérité. Vous avez été pour moi de merveilleux messagers de Dieu et je veux en rendre grâce.

    J’ai conscience d’avoir beaucoup reçu. Je cite souvent (mais on radote un peu à mon âge) la parole de Saint Vincent de Paul. À Saint Vincent de Paul vieillissant la reine disait : Mais, Mr. Vincent, qu’auriez voulu faire que vous n’avez pas fait ? », et Mr. Vincent de répondre par ce simple mot : « davantage ».

    Comment ne pas avoir conscience du décalage entre l’appel reçu de tant de personnes et la réponse donnée.

    Aussi, au début de notre prière, nous remettons nos manques, notre faiblesse entre les mains d’un Dieu dont le regard sur ses enfants que nous sommes, est plein de tendresse et de miséricorde.

 

Évangile selon st Matthieu 14, 13-21 : la multiplication des pains

 

Homélie

 

    J’ai choisi cet évangile qui me paraissait bien adapté à la fête que nous vivons ensemble aujourd’hui.

    Si on cherchait un modèle de pasteur chargé d’une communauté comme j’ai eu la chance de l’être, il me semble que cet évangile apporte les éléments essentiels pour vivre en vérité cette charge. Mais cela ne s’adresse pas seulement aux pasteurs ordonnés pour une communauté, chacun est un peu, à un moment ou à un autre, le berger pour son frère. Aussi cet évangile concerne tout chrétien qui, contrairement à Caïn, doit être le gardien de son frère. Pour en comprendre les exigences, permettez-moi de relire pas à pas ce beau texte de Matthieu.

 

    Au début de cet évangile, il nous est dit que Jésus, après la mort de son cousin, se retire, il part en barque pour un endroit désert, à l’écart. Il est peu probable qu’il ait ainsi agi par peur, la mort de Jean-Baptiste n’avait rien à voir avec Jésus. Peut-être que le verset suivant apporte quelques lumières. À peine débarqué, Jésus contrairement à ce qui avait été annoncé, ne peut pas se retirer car il est entouré de beaucoup de gens venus vers lui. L’évangile nous dit : « Il fut saisi de compassion envers eux ». Jésus a du coeur. Peut-être avait-il voulu se retirer tant était sa peine de la mort de son cousin, mais la présence de ces gens venus avec leurs détresse et qui comptent sur lui, le touche, touche son coeur et il ne peut s’empêcher de soulager leur misère. C’est peut-être la première caractéristique d’un bon pasteur que d’être touché dans son coeur, d’être saisi devant la détresse des gens.

 

    Vient ensuite la réaction des apôtres. Les apôtres sont des gens réalistes, il se fait tard, il est temps de renvoyer les gens pour qu’ils aillent dans les villages acheter de la nourriture. La réponse de Jésus est spontanée : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Réponse curieuse de Jésus. Il ne manque pas de savoir que ses amis ne peuvent nourrir tant de monde ; d’ailleurs les apôtres réagissent aussitôt : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons », ta demande est impossible. C’est souvent notre réaction devant la détresse des gens : je ne peux rien faire, je n’ai que des petits moyens, c’est impossible. Mais Jésus dit simplement : « Apportez-les moi ».

 

   Dans cet échange entre Jésus et ses amis, nous avons une magnifique symbolique concernant l’apparente insuffisance de nos moyens. Certes nous avons tous quelques dons, quelques talents, même si nous ne voulons pas le reconnaître. Mais nous avons à juste titre le sentiment de notre insuffisance devant la faim des hommes et des femmes d’aujourd’hui, faim d’amour, faim de sens , faim d’espérance, faim de fraternité. Nous nous sentons bien petits devant l’attente de tant de personnes. En quoi le peu que j’ai en moi peut-il répondre à une telle demande dans notre monde ? Jésus nous dit simplement comme à ses apôtres : apportez-moi le peu que vous avez. Nous pouvons toujours apporter au Christ le peu que nous avons, le peu de nos compétences, le peu de nos moyens matériels, le peu de notre intelligence, le peu de notre amour... Et c’est dans ce peu que va se déployer la puissance de l’amour infini de notre Dieu. Le peu que nous avons et que nous acceptons de partager devient une source immense de biens pour toute cette humanité que Dieu aime.

 

    La suite de l’évangile est merveilleuse. Jésus levant les yeux au ciel prononce la bénédiction, rompt les pains, les donne aux disciples et ceux-ci vont les donner à la foule. Nous pouvons voir là les trois mouvements qui construisent l’efficacité de la parole impérative de Jésus  : « donnez-leur vous-mêmes à manger ». 

 

    Le premier mouvement dit l’origine de toute action qui donne vie. Derrière le geste de lever les yeux au ciel, Jésus dit que tout vient de Dieu. Le second mouvement c’est le passage des mains de Jésus aux mains des disciples ; à eux est confiée la responsabilité d’aller vers la foule afin de leur donner la nourriture qui leur est nécessaire pour vivre. Il faut aller « vers », n’est-ce pas ce que le Pape François ne cesse de nous demander : ayez le courage d’aller vers les autres. Le troisième mouvement c’est le geste des disciples : ils donnent ce que Jésus leur a donné et cela va non seulement nourrir, mais rassasier tous ceux qui étaient là. Même si ce que nous donnons semble peu, cela peut faire naître la vie. Ce peu peut être un verre d’eau (« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense » Mt 10, 42) ; ce peu être un geste qui montre que nous reconnaissons la dignité de la personne qui est en face de nous, ce peu être un peu de ce que nous possédons en biens matériels, en savoir. Nous  pensons donner peu mais nous ne pouvons pas mesurer l’efficacité du partage vécu avec générosité, sincérité, humilité.

    Enfin l’évangile nous parle d’abondance. Non seulement les gens sont rassasiés, mais avec les morceaux qui restent, on remplit douze paniers pleins. Le partage nourrit ceux qui reçoivent de nous et nous nourrit nous-mêmes plus encore. D’autre part, nous sommes parfois étonnés du résultat de ce que nous pensions être si peu de choses. Jésus nous l’a dit à maintes reprises : ce que nous acceptons de perdre par amour est multiplié par cent comme cela est suggéré en saint Marc : celui qui abandonne ce qu’il a, par amour, recevra au centuple (cf. Marc 10, 30).

 

    Alors rendons grâce à Dieu pour l’espérance que nous donne sa parole où le peu donné avec amour produit du fruit en abondance pour notre joie, la joie de Dieu, la joie de tous.

 

 

Prière d’action de grâce de l’assemblée

Seigneur nous te rendons grâce aujourd'hui pour notre ami Maurice qui fête 65 ans à ton service et au service du peuple de Dieu :

 

Que tes œuvres sont belles, que tes oeuvres sont grandes, 

Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie !

 

Communautés échanges

1/ Seigneur nous te rendons grâce pour notre ami Maurice, membre fondateur des Communautés échanges. Son expérience de la mission doublée d'une profonde réflexion sur l'annonce de l'évangile dans le respect de cultures différentes, continue aujourd'hui de soutenir l'engagement de très nombreux d'entre nous, prêtres, religieuses, laïcs.

En cette veille de la journée mondiale des missions, Seigneur puisse l'exemple de Maurice continuer à susciter des vocations et des engagements missionnaires dans un monde ou la rencontre apaisée des cultures est plus nécessaire que jamais.

 

Groupe Françoise Destang

2/ Nous te rendons grâce Seigneur et nous te remercions d'avoir mis sur la route de notre groupe Maurice Fourmond, rencontré grâce à notre amie commune Françoise Destang. Maurice a accompagné et accompagne encore beaucoup de groupes qui ont profité de ses richesses et de sa générosité.

Nous t’en prions Seigneur, que ses lumières théologiques nous éclairent encore longtemps sur nos routes diverses.

 

St Hippolyte

3/ Notre ami le père Maurice a accompagné beaucoup de personnes en recherche de Dieu ou qui ne trouvaient pas leur place au sein de l’Eglise, en particulier à st Hippolyte. Seigneur, nous te rendons grâce pour son accueil bienveillant à l’égard de toutes les brebis perdues, et pour sa belle compréhension qui les a ramenées dans ta maison.

 

Blog (la paroisse virtuelle de Maurice)

4/ Nous avons été nombreux à profiter au fil des dimanches des homélies de Maurice, prononcées d'une voix forte et posée. Avec une grande pédagogie il nous a rendu clairs, justes et porteurs d'avenir, des textes bibliques parfois obscurs.

Rendons-grâce au Seigneur pour tous les sermons de Maurice et la chance que nous avons de continuer à lire ses homélies et conférences grâce au blog.

 

Ste Marie des Batignolles

5/ Nous te rendons grâce Seigneur d'avoir mis sur la route de la paroisse ste Marie des Batignolles, un pasteur comme Maurice. Il a su nous partager son amour de l’Église et nous montrer le chemin d'un christianisme d'humilité. Il nous a partagé ses convictions fortes sur la responsabilité des communautés chrétiennes et des laïcs et nous a montré le chemin d'une foi libre et intelligente. Il a fait grandir chacun d'entre nous en le regardant avec espérance.

 

Groupe des Grands-Parents du Service de la catéchèse

6/ Seigneur, nous te rendons grâce pour notre ami Maurice. A la demande du Service de la Catéchèse, il a accompagné, soutenu et conseillé les grands-parents qui se préoccupaient du témoignage de leur foi auprès de leurs petits-enfants.

Nous te remercions pour la profondeur et l'intelligence de sa foi qui a ainsi porté tant de fruits dans nos familles.

 

St Jacques du Haut Pas

7/ St Jacques du Haut-Pas te rend grâce pour Maurice prêtre et curé de 1964 à 1983. Comme paroissienne, je voudrais le remercier simplement pour avoir été là, pour tous et pour chacun, tenant toute sa place de prêtre, mais rien que sa place. Nous écoutant, nous accueillant dans nos joies et dans nos peines. Dans son regard et dans son sourire, chacun d’entre nous a pu alors faire l’expérience de la tendresse de Dieu. Merci Maurice ! Merci Seigneur !

 

Formation Continue de la Foi

8/ Seigneur nous te rendons grâce pour Maurice et son engagement pour la formation, et en particulier son engagement auprès des laïcs à la Formation Continue de la Foi.

Grâce à lui, et à tous ceux qui comme lui donne de leur temps à cette tâche, nous sommes amenés à nous questionner, à réfléchir notre foi avec intelligence et cohérence, à aller plus loin et ainsi découvrir toujours plus la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ.

 

Ste Geneviève des Grandes Carrières

9/ Seigneur nous te rendons grâce pour Maurice avec qui nous avons eu la joie, lors de son ministère à Ste Geneviève des Grandes Carrières, d'accompagner de nombreuses familles pour le sacrement du baptême de leur enfant. Par le baptême, les familles ont été accueillies avec leur histoire particulière, au sein de la communauté. Maurice savait si bien éclairer chacun des rites du baptême pour donner du sens à leur démarche. Pour toutes les personnes que Maurice a baptisées tout au long de son sacerdoce, merci Seigneur.

 

Fraternité sacerdotale

10/ Seigneur, nous te rendons grâce pour Maurice, pour cette fraternité vécue avec ses frères prêtres, tout au long de ces années où il a servi dans ce diocèse de Paris, pour sa bienveillance, son grand respect de chacun dans des sensibilités différentes, son regard toujours encourageant et pour son discernement, toujours nourri dans la foi et la charité, dont beaucoup de nous, prêtres, ont pu bénéficier.

Oraison

Accueille notre action de grâce Seigneur pour notre ami Maurice : il y a 65 ans, il t'a répondu « Me voici » avec générosité. 

Aujourd'hui ton Eglise témoigne de la fécondité de son ministère : que ton Esprit d'amour achève en lui ce que tu as commencé.

 

Préface

    Oui, Père très bon, nous te rendons grâce car tu ne cesses de donner la vie à cette humanité que tu aimes. 

    Nous te rendons grâce pour tous les témoins que tu as mis sur notre route et qui nous ont soutenus sur le chemin de notre accomplissement humain, de notre sainteté.

    Mais nous te rendons grâce plus encore pour Jésus ton fils bien aimé. Par lui et en lui tu as ouvert à tous les hommes un chemin de vie éternelle, nous offrant de partager ta propre vie, vie de lumière, de vérité et de bonheur.

    C’est pourquoi avec tous tes amis, ceux qui sont déjà pleinement en toi, ceux qui peinent encore sur le chemin, nous voulons t’acclamer en chantant...

 

Prière après la communion

« Je suis la résurrection et la vie, dit Jésus. Qui croit en moi, fût-il mort, vivra.» 

Et je crois, oui, je crois qu’un jour. Ton jour, ô mon Dieu, je m’avancerai vers Toi,
Avec mes pas titubants,
Avec toutes mes larmes dans mes mains, 

Et ce coeur merveilleux que tu nous as donné,
Ce coeur trop grand pour nous puisqu’il est fait pour Toi... 

Un jour, je viendrai, 

Et tu liras sur mon visage 

Toute la détresse, tous les combats, 

tous les échecs des chemins de la liberté, 

Et tu verras tout mon péché. 

Mais je sais, ô mon Dieu, que ce n’est pas grave le péché, quand on est devant Toi. 

Car c’est devant les hommes que l’on est humilié. 

Mais devant Toi, c’est merveilleux d’être si pauvre, Puisqu’on est tant aimé ! 

Un jour, ton jour, ô mon Dieu, je viendrai vers Toi. 

Et dans la formidable explosion de ma résurrection, 

Je saurai enfin
Que la tendresse, c’est Toi,
Que ma liberté, c’est encore Toi. 

Je viendrai vers Toi, ô mon Dieu, et Tu me donneras Ton visage. 

Je viendrai vers Toi avec mon rêve le plus fou : 

T’apporter le monde dans mes bras. 

Je viendrai vers Toi, et je te crierai à pleine voix 

Toute la vérité de la vie sur la terre. 

Je te crierai mon cri qui vient du fond des âges : 

«Père ! J’ai tenté d’être un Homme, et je suis Ton enfant...» 

Jacques Leclercq

(le jour de l'Homme)

Feuille de chants

FÊTES

 

22 Octobre

J’adresse ce mot à Maurice de la part de Communautés-Echanges dont il a été le premier responsable  au tout début de la communauté. Je n’ai pas élaboré ce petit mot tout seul, mais avec la collaboration de Philippe Béguerie qui n’a pas pu venir aujourd’hui pour cause de santé, ou encore avec Dominique Raoux, l’actuel président de l’association Communautés-Echanges.

 

Tout d’abord revenons à l’origine de la communauté. Un certain nombre de spiritains pressentant que Monseigneur Lefebvre n’était pas la personne adéquate pour devenir le Supérieur de la congrégation du Saint Esprit, ont quitté la congrégation à la suite de l’élection de Monseigneur Lefebvre comme Supérieur Général en Juillet 1962. 

Ces spiritains seront accueillis dans différents diocèse de France, dont le diocèse de Paris. Maurice Fourmond et Philippe Béguerie ont œuvré notamment à Saint Jacques du Haut Pas, Maurice en a même été le curé. Certains sont repartis rapidement en Afrique ou aux Caraïbes, mais toujours en gardant des liens avec la communauté.

 

Ces spiritains qui avaient quitté la congrégation n’ont pas voulu rester isolés. Six d’entre eux ont constitué une communauté, qu’ils ont appelée Communautés-Echanges. Tous les lundis, ceux qui étaient en région parisienne se réunissaient pour prier ensemble, partager et passer un moment de convivialité. C’était la communauté avec le temps des échanges. 

Mais il y avait une autre dimension aux échanges : ces spiritains, missionnaires par vocation, et dont certains avaient déjà travaillé en Afrique ou aux Caraïbes, avaient une idée nouvelle de la mission : pas seulement porter l’évangile au loin, mais construire des communautés chrétiennes sur les lieux de mission, et faire que ces communautés chrétiennes de partout dans le monde puissent partager leur expérience d’évangélisation et puissent se soutenir réciproquement pour un dialogue entre les Eglises et entre les peuples. Avec Vatican II et le renforcement des Eglises locales sur tous les continents, cette dynamique de l’échange  entre Eglises a pris sa véritable signification.

 

Très vite des séminaristes du Séminaire des Carmes, à l’Institut Catholique de Paris, ont demandé à faire partie de la communauté, puis des laïcs dont plusieurs couples amis.

La communauté s’est élargie peu à peu, formant trois équipes, avec des membres de différentes nationalités, vivant en France, en Afrique, à l’Ile Maurice, aux Caraïbes ou en Argentine, et j’en passe…

Pourquoi vous parler ici des débuts de la communauté, notamment parce que Maurice en a été le premier supérieur, le premier responsable, comme je l’ai déjà indiqué.

 

Mais nous savons que, dans l’Eglise, les responsables sont appelés à être des serviteurs. Le Pape François nous en donne un nouvel exemple. Et le Père Maurice aussi : depuis des années, c’est Maurice qui écrit les comptes-rendus des réunions de notre équipe. Et c’est vraiment un service, car à chaque réunion il faut se tenir un stylo à la main, un écritoire sur les genoux, discerner dans le brouhaha, ce qu’il est important de noter, parmi les nouvelles données par les uns ou les autres, ou encore dans la réflexion menée en commun sur un thème choisi à l’avance. Ces comptes-rendus assurent la continuité de l’équipe dans sa réflexion et dans sa vie. Maurice envoie ces rapports au réseau Communauté-Echanges jusqu’à Bobo Dioulasso, par exemple. Merci Maurice.

 

Un troisième et dernier point. Maurice le sage. Comme me le déclarait Philippe Béguerie : « lorsqu’il y a un problème qui se pose, je suis toujours intéressé de savoir ce que pense Maurice ». Qu’il s’agisse de problèmes dans la communauté, dans l’Eglise ou dans le monde. Maurice a un regard de sage, exprimé avec discernement, sans heurter les participants à la réunion, et soulignant des points importants pour la réflexion. Nous ne sommes pas forcés d’être d’accord avec ce que propose Maurice, mais sa façon de participer à la discussion aide les autres à dire ce qu’ils pensent. Merci Maurice.

 

Maurice le supérieur, Maurice le serviteur, Maurice le sage. Maurice, le saint … Je vous laisse le soin de le déclarer tel.

P. Jean-Marie Aubert

(Membre de Communautés-Echanges)

 

 

Évangile selon st Maurice 10, 1926-2016

Traduction Batignollaise de la Bible (TBB)

Au commencement Dieu créa Maurice Fourmond et l’Esprit de Dieu planait sur lui. Dieu dit : faisons-le à notre image : intelligent, beau parleur, un grand coeur... à l’image de Dieu il fut créé. Dieu vit que cela était bon : il y eut un chef-d'œuvre revêtu de dentelles, à Alençon. Ce fut le 1er jour.

Quand il eut 20 ans le jeune Maurice entendit Dieu qui l’appelait : Maurice, Maurice ! Il répondit : “Me voici”, car il est de nature obéissante et toujours prêt à rendre service. Dieu dit : “Voici mon alliance que je vais faire maintenant avec toi. Quitte ta Normandie, tes parents, tes 6 frères et soeurs et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi un grand missionnaire.” Maurice lui répondit alors : “Que mon Seigneur ne s’irrite pas, mais qui suis-je pour aller en Afrique porter la bonne nouvelle, je suis européen et je ne sais pas parler Serer ? Dieu lui dit : “Dès le ventre de ta mère je t’ai choisi et je t’ai donné des dons, tu es sobre comme un chameau et tu courras comme un fou en plein midi sur les routes de Palmarin, de Sébikotane et de Dakar.” Maurice tomba la face contre terre : Dieu le connaissait au plus profond de lui-même ! Dieu vit que cela était bon : il y eut un missionnaire au Sénégal. Ce fut le 2ème jour.

Quand il approcha de la quarantaine, Dieu éprouva Maurice : il le nomma professeur de théologie au séminaire. Maurice montant sur l’estrade disait aux séminaristes : “Heureux-êtes vous si vous suivez mon enseignement, car votre conscience sera éclairée et vos actes seront moralement bons ! N’allez pas croire que je vais vous enseigner l’ancien catéchisme, je suis venue pour vous annoncer le nouveau. Vous avez appris le mystère de la Sainte Trinité et bien moi je vous dis : Dieu est relation, me semble-t-il. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens que le moyen de sanctifier sa journée est de régler toutes ses actions pour plaire à Dieu, et bien moi je vous dis : pour participer à la sainteté de Dieu, il faut accueillir le mystère d’amour de Dieu et avoir une juste appréciation de ses possibles. La sainteté consiste à s’ajuster à Dieu dans un fidèle tête à tête permettant à l’Esprit saint de labourer mon champ.” Dieu vit qu’il avait une bonne théologie et qu’il prenait goût aux conférences, il le bénit et lui promit une grande paroisse parisienne. Ce fut le 3ème jour.

Après un petit tour aux Antilles, pour qu'il fasse le plein de soleil et de rhum, Dieu envoya son serviteur Maurice à st Jacques du Haut-Pas. L’Esprit de liberté souffla sur la paroisse. Maurice, en bon berger, emmenait ses paroissiens hors des sentiers battus pour construire la communauté et rédiger les statuts d’un nouveau conseil pastoral, il leur disait : “Le projet pastoral est parmi vous, il est au dedans de vous, cherchez-le sans compter et le denier du culte sera versé par surcroît. Vous êtes le sel du diocèse, prenez vos responsabilités dans l’Église... Dieu ne vous laissera pas tomber, une grande prophétesse s’est levée parmi vous, elle s’appelle Françoise Destang.” Dieu vit qu’il avait construit une communauté forte, claire dans ses convictions et qui vivait sa foi avec cohérence, il le félicita et lui promit une descendance. Il y eut un grand curé parisien. Ce fut le 4ème jour

Comme la poussière commençait à s’accumuler au bout de 20 ans sur les livres de sa bibliothèque, Dieu décida de lui faire plier bagages. Il l’envoya à 60 ans curé à ste Marie, dans le village des irréductibles batignollais, puis pour terminer sa grande carrière de curé, à Ste Geneviève, au pied de son Sacré Coeur. Là, Maurice enseignait dans de grandes catéchèses, les chrétiens avides de sa parole. Il prêchait à temps et à contre-temps, préférant le palabre, au bon plat présenté dans son assiette. Il avait parfois une petite nostalgie du passé et disait : “Dans mon ancienne paroisse...”, il enfourchait alors sa mobylette et ses paroissiens le voyaient disparaître vers st Jacques, dans un nuage de pot d’échappement... Je ne vous laisse pas orphelin, leur disait-il, je reviendrai comme je suis parti. Pour l’aider à se tourner résolument vers l’avenir, Dieu, selon sa promesse, lui donna un fils : on lui donna le nom de “Macintosh”. C’est pendant cette période qu’il fit la conversion majeure de sa vie, quand il comprit le magnifique outils d’évangélisation que cela pouvait être. Loin de faire de son fils une idole virtuelle, il n’eut cesse dès lors, de progresser, d’être à la pointe technologique et d’apporter à son fils tous les logiciels et anti-virus dont ils pouvaient avoir besoin. Dès lors, lorsqu’il écrivait ses conférences, il ne comptait plus ses chapitres, mais le nombre de caractères du texte et contemplait sa descendance en comptant les pixels de son écran. Il comprit que la quête du ciel est un bien inestimable, mais que sans le logi-ciel de sauvegarde pour son disque dur, on va en enfer plus vite qu’on ne croit. Maurice grandissait en giga-sainteté et approfondissait sa conversion informatique. Un jour qu’il était dans sa chambre, il se mit à parler par email, puis par sms, il aspira au haut-débit, sa quête ADSL était insatiable ! Dieu vit qu’il était un bon et fidèle serviteur, il se promit de lui donner une retraite bien méritée et paisible. Ce fut le 5ème jour.

Infatigable missionnaire, Maurice dit à Dieu dans le secret de son coeur : “Voilà que j'ai passé 75 ans, j’aimerai faire un voyage en Chine avant d'entamer mes 25 prochaines années, comme Mathusalem j'ai de l'ambition. Dieu lui répondit : “Mais mon enfant, la Chine est à Paris ! Je t’envoie à st Hippolyte. Prends ta mobylette et ton ordinateur pour jouer, et va, repose-toi, tu le mérites bien !” Le serpent qui est le plus rusé de tous les animaux lui dit un jour : “Si tu manges du fruit défendu, tu rajeuniras, je te propose d’avoir 4 fois vingt ans...” Maurice toujours avide de faire 3 choses à la fois, mangea la pomme... d’Apple pour ne pas avoir les pépins dus à son âge. Quand il entendit les pas de Dieu qui se promenait dans le jardin de st Hippolyte, il se cacha sous le saule. Dieu l’appela : “Maurice, Maurice, tu m’as désobéi ! Le bruit de ton clavier et le clic de ta souris monte jusqu’à moi. Est-ce là bien raisonnable au temps de la retraite, à la veille du 7ème jour où moi-même je me suis reposé ? Tu devais prendre tous les jours de congé et RTT que tu n’as pas pris dans ta jeunesse. Maurice tout tremblant lui répondit : “Mais Seigneur, je n’ai pas fini d’écrire mon livre... et puis... je pense déjà au livre suivant... et encore au suivant... Alors Dieu mangea les livres de Maurice... et il les trouva doux comme du miel... Il l'encouragea à écrire encore et encore... et dit à tous les amis de Maurice : Achetez et lisez ! Celui-ci est mon fils bien-aimé, cliquez, likez son blog, mon serviteur que je soutiens a les paroles de la vie éternelle ! Et ce fut le 6ème jour.

A la veille de son jubilé, le Seigneur lui dit : « Maurice cela fait 65 ans que tu sers le peuple de Dieu, tu es un bon et fidèle serviteur, nous sommes au 7ème jour, celui où je me suis reposé, tu n'as plus le choix et après 65 ans de travail, c'est l'âge de la retraite bien méritée, il faut que tu oublies les mots « travail et devoir », et que tu apprennes les mots « détente, vacances, loisirs, plaisir ». A l’aube du 8ème jour, jour eschatologique de la résurrection, je t'invite à entrer dans la mystagogie de Marie-Thérèse. Dorénavant ta paroisse sera virtuelle, tu n'appelleras tes anciens « paroissiens », mais tu les appelleras, « mes amis ».

Maurice, sois dans la joie et l’allégresse car ta récompense est grande dès aujourd'hui et jusque dans les siècles des siècles ! »

Maurice a dit à ses disciples encore bien d’autres choses qui ne sont pas relatées ici, mais vous pouvez les lire dans ses livres et sur son blog...

Viviane Dumont

 

(sur l'air de « Joseph » de Moustaki)

Voilà c’que c’est mon vieux Maurice,

que d’avoir eu la vocation,

t’être engagé pour toute la vie,

à celle qu’on appelle l’Eglise !

 

Tu aurais pu mon vieux Maurice

choisir l’mariage et la nourrice

créer aussi ton entreprise,

mais tu as préféré l’Eglise.

 

Tu aurais pu mon vieux Maurice

faire des bambins, de bons chrétiens,

mais ceux des autres tu baptises :

tu t’es marié avec l’Eglise.

 

Tu aurais pu mon vieux Maurice

en Normandie, rester peinard

plutôt que d’aller t’exiler,

à Palmarin et Dakar.

 

Tu aurais pu mon vieux Maurice,

rester chez toi, d’vant la télé,

plutôt que d’galérer dans une paroisse

avec un salaire de smicard.

 

Souvent je pense à toi Maurice,

mon vieil ami, t’as pas vieilli,

à toi qui n’avais demandé

qu’à vivre heureux avec Jésus.

 

9 Novembre

 

    Je voudrais vous remercier pour votre présence ce soir, merci de me dire par votre présence l’amitié qui nous unit et aussi tant de choses que nous avons partagées ensemble. Indépendamment de ce que chacun de vous est pour moi, vous représentez toutes ces personnes que Dieu m’a donné la grâce et la chance de rencontrer et qui je le sais m’ont fait ce que je suis aujourd’hui.

    Certes, il faudrait un livre pour dire tout ce que j’ai reçu au cours de ces 65 années de mon ministère de prêtre.Permettez-moi de l’évoquer brièvement.

    Déjà à l’origine de ma vocation je pense à l’abbé Pioger, professeur de français au collège où je faisais mes études. À la suite d’un camp de vacances en été où j’avais encadré un groupe de jeunes du collège, l’abbé Pioger m’avait demandé d’être responsable du groupe de JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) du collège. J’ai eu alors l’occasion de découvrir l’évangile, sa force, le sens qu’il donnait à la vie et j’ai eu envie de le transmettre à d’autres. Quelques années plus tôt, nous avions des prix à la fin de chaque année scolaire et j’avais eu comme prix un livre racontant la vie de Mgr Augouard, premier évêque du Congo. Il me fallait annoncer l’évangile aux peuples d’Afrique. La rencontre avec un Père spiritain, originaire d’Alençon, m’a décidé d’entrer chez les Pères du Saint Esprit.

    Après les études comme séminariste et 4 années à Rome pour passer un master en théologie, je fus nommé dans le diocèse de Dakar au Sénégal. Des cinq années passées au Sénégal, années merveilleuses, je retire essentiellement un autre regard sur les cultures différentes de la mienne. À L’époque, comme un bon occidental, je pensais que le rationalisme de Descartes était la plus haute expression de la pensée et je découvrais qu’il avait d’autres façons d’appréhender le réel, de vivre malgré la pauvreté des moyens de donner du sens à l’existence humaine. J’ai découvert des trésors de générosité et d’intelligence humaine.

    Une année dans le merveilleux village de Palmarin, deux ans professeur de théologie au grand séminaire de Sébikotane, deux ans comme curé de la cathédrale de Dakar et je fus rappelé en France comme professeur de théologie à côté d’ici, à Chevilly-Larue, grand séminaire spiritain. Ces cinq années à Chevilly m’ont ouvert sur une pensée théologique ouverte sur le monde, où un authentique amour de l’Église était lié à une parfaite liberté de recherche. L’ouverture des professeurs de Chevilly ne plaisait pas à Mgr Lefebvre qui, nommé supérieur général des spiritains a dispersé le corps professoral. Personnellement, je fus envoyé en Martinique au collège de Fort-de-France comme supérieur. Là encore, expérience enrichissante avec la découverte de la culture, de la foi et de la mentalité antillaise.

    C’est en février 1964 que je quittais la congrégation du Saint Esprit et je prenais l’avion pour entrer dans le diocèse de Paris où je fus accueilli par Mgr Veuillot qui me nomma ainsi que le Père Béguerie vicaire à la paroisse Saint Jacques du Haut Pas. C’est là qu’a commencé particulièrement pour moi l’aventure d’un travail pastoral en union profonde avec les laïcs. J’ai découvert à la fois l’étonnante richesse et la fécondité d’un véritable partage de la responsabilité pastorale pour l’annonce de l’évangile.

    Après 8 ans comme curé à Saint Jacques, je fus nommé curé de Saint Marie des Batignolles. Là j’ai été heureux d’un travail commun avec les chrétiens de la paroisse. J’ai aussi poursuivi mes liens avec nos frères protestants, liens déjà très fort avec le Pasteur Greiner à Saint Jacques. À Saint Marie, nous avions lancé avec les églises luthériennes, réformées, catholiques du secteur, des repas presque tous les jours chez les uns et les autres pour les personnes en précarité du secteur. Ce service oecuménique, appelé « Solidarité Chrétienne des Batignolles » continue encore aujourd’hui.

    Neuf ans plus tard, je fus nommé curé de Saint Geneviève des Grandes Carrières. D’un quartier intellectuel à Saint Jacques, puis d’un quartier plus village à Saint Marie, je passait à un quartier coupée en deux, la moitié nord de la paroisse étant composée surtout d’émigrés et la partie sud de français de classe moyenne. Je commençais à vivre cette pluralité de cultures que j’ai trouvé massivement à Saint Hippolyte.

    C’est le Père Francis Barjot qui avait demandé à Mgr Lustiger que je vienne avec lui à Saint Hippo. Je suis donc arrivé à Saint Hippo en septembre 2000. Comment vous remercier pour tout ce que chacun de vous m’a apporté dans ce quartier si attachant. 

    Au fur et à mesure que les années passent, j’ai le sentiment que la foi est différente de ce qu’elle était ; j’ai curieusement cette impression paradoxale : à la fois d’être plus proche de Dieu et en même temps de ne pas le connaître ; de percevoir qu’il est infiniment plus grand que je ne peux le concevoir et en même temps celui qui m’aime comme un ami aime son ami ; le sentiment d’une foi plus simple et en même temps de ne plus savoir la définir.

    Au fond je ressens une ne immense confiance au sein d’une profonde interrogation.

    Tout cela je le dois pour une grande part à vous, à ce que vous êtes, à ce que vous dites, à ce que vous vivez et je vous en remercie du fond du coeur.

 

 

C'était en mil' neuf cent vingt six

Que naquit notre cher Maurice

Faisant la joie de ses parents

Qui s'demandaient : que deviendra cet enfant ?
Ordonné prêtre à vingt cinq ans

Il y a déjà soixant' cinq ans !
Maurice a été serviteur de tous ses frères, et bien sûr du Seigneur !


Très cher Maurice nous vous fêtons, très cher Maurice nous vous chantons

Voilà de très nombreuses années qu'à Saint-Hippolyte vous êtes arrivé !


Vie très remplie à saint Hippo

Sortant à pieds ou en moto

Aidant les p'tit' communautés, la formation : il nous a beaucoup donné !


Accompagnateur et serviteur

Plein d'attention, de convictions,

Un homme libre et agréable

Homm' de prière, pour chacun toujours affable.


Tres cher Maurice nous vous fétons, tres cher Maurice nous vous chantons

Tous vos amis, sur le même air, vous souhait' un JOYEUX ANNIVERSAIRE !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :