« N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »

Publié le par Père Maurice Fourmond

« N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »

Mercredi 26 octobre 2016 

Luc 13, 22-30

 

22 Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant.

23 Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit :

24 « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.

25 Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”

26 Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”

27 Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”

28 Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.

29 Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.

30 Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

 

 

    Cet évangile me suggère trois réflexions. Tout d’abord, vous avez sans doute remarqué que Jésus ne répond pas à la question qui lui est posée. Il ne dit rien sur le petit nombre ou le grand nombre des personnes sauvées. Il renvoie simplement chacun à sa conscience. C’est une habitude chez Jésus, il ne disserte pas sur des questions générales, il a toujours une réponse concrète qui s’adresse à chacun de ses interlocuteurs. Rappelez-vous le récit dit de la femme adultère ; des pharisiens lui demande s’il faut observer la loi de Moïse et lapider la femme prise en flagrant délit d’adultère ou non. Jésus ne répond pas à la question, il renvoie chacun à se conscience : « que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». La question du salut n’est pas une idée générale, mais le salut dépend de chacun, de la façon dont chacun vit.

    Et Jésus indique simplement le chemin du salut auquel chacun devrait se conformer : il faut passer par la porte étroite. Mais que veut dire Jésus par la porte étroite ? Il interroge chacun sur les choix qu’il a à faire chaque jour. La porte étroite, c’est la vérité du choix qu’il nous faut faire sans cesse. Le livre du Deutéronome le dit très clairement : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.  Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession... Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance » Dt 30, 15-20. Une amie avec qui hier je parlais de cet évangile m’a suggéré une autre image que la porte étroite, elle disait que c’était un étroit sentier sur une ligne de crête. Belle image qui dit bien le risque qu’il convient de prendre pour entrer dans le salut de Dieu.

    Enfin une dernière remarque sur la réaction de Jésus quand ses disciples veulent entrer dans la maison. Il dit « Je ne sais pas d’où vous êtes ». Ces personnes ne sont pas reconnus par le Christ, pourtant ils ont « mangé et bu en sa présence et suivi ses enseignements », pourtant ils ne sont pas reconnus par le Seigneur. Pourquoi ? C’est que pour être reconnus par le Christ, il nous faut « pratiquer la justice » dans tous les sens du mot « justice ». Nous pouvons dire, "mais Seigneur, nous avons participé régulièrement à la Messe, nous avons médité ta parole..." Pour être reconnus par le Christ Jésus, cela ne suffit pas, ce qui est essentiel consiste à l’image de Jésus, à nous ajuster à l’amour qu’est Dieu et à pratiquer la justice, le respect, la solidarité, l’amour envers les autres.

    Merci Seigneur de nous renvoyer à notre conscience, merci de nous montrer le chemin étroit de la sainteté, merci de nous rappeler quelle image de toi il convient de suivre.

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