Christ est ressuscité

Publié le par Père Maurice Fourmond

Vigile Pascale 2017

 

    Matthieu dont nous venons de lire un passage en cette vigile pascale, consacre le dernier chapitre de son évangile à la résurrection de Jésus. Ce chapitre 28 est très court, il comporte deux parties. La première est celle que nous venons d’entendre, l’autre se passe en Galilée. Dans la première partie, nous voyons Marie-Madeleine et l’autre Marie qui se sont rendu au tombeau où Jésus a été déposé la veille. Sont alors rapportées deux manifestations du ressuscité ; l’une apocalyptique avec le tremblement de terre et l’ange qui ouvre le tombeau, l’autre est une manifestation du ressuscité lui-même alors que les deux femmes courent annoncer la nouvelle aux apôtres.

 

    Dans cette première partie, ce qui ressort est l’affirmation que Jésus est ressuscité et que c’est en Galilée que ses apôtres doivent se rendre. Pourquoi la Galilée ? Plusieurs raisons peuvent être invoquées : la Galilée est le point de départ de la vocation de la plupart des apôtres. Ce retour à l’origine avait un sens fort : désormais ce sont les disciples de Jésus qui doivent porter la mission même de leur maître et qui devront la continuer. Une autre raison peut être invoquée : la Galilée était appelée la Galilée des nations en raison de la diversité de population qui habitait cette région. Le ressuscité entendait ainsi dire que la mission confiée aux apôtres était universelle.

 

    L’autre partie de ce dernier chapitre de Matthieu qui n’a pas été proclamé ce soir, nous dit que les apôtres ont obéi à la demande du ressuscité et se sont rendu en Galilée. Jésus se manifeste alors à ses amis pour les envoyer par le monde entier. Et l’évangile de Matthieu se termine par une parole essentielle de Jésus : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ».

 

    Nous savons que la Parole de l’Écriture n’est pas seulement une parole faisant mémoire d’événements passés, mais elle parle à chacun de nous aujourd’hui, cette Parole est pour l’aujourd’hui de notre vie. Alors à travers la parole que nous venons d’entendre, que dit le Seigneur à chacun de nous en cette fête de Pâques ?

 

    La première indication est la parole de l’ange : « Il n’est pas ici ». Ce qui veut dire qu’il ne faut pas chercher Jésus là où il n’est pas, qu’il faudra toujours chercher le Christ Jésus sans l’enfermer, sans le réduire à telle ou telle présence, même la plus juste pour notre foi. Le Christ vivant est au-delà de toutes nos représentations et nous n’avons jamais fini de le découvrir. Il faut toute notre vie pour approcher ce mystère d’amour qu’est la personne de Jésus, notre Dieu fait homme.

 

    Vient ensuite cette autre parole de l’ange comme aussi du ressuscité : « Pour vous soyez sans crainte ». La fête de Pâques nous redit la victoire de l’amour sur la mort. Lorsque nous regardons la vie de Jésus telle que les évangélistes nous l’ont rapportée, nous avons le sentiment, en tous cas pendant sa vie publique, que sa vie est traversée de beaucoup de souffrances morales mais aussi physiques en particulier dans sa passion. Mais dans ces moments difficiles, l’amour de son Père et la présence de ses amis lui donnaient de surmonter et d’assumer la dureté de l’existence. Déjà l’amour infini de Dieu travaillait sa vie lui ouvrant en permanence un chemin de paix et de joie et cela avant même de vivre la rencontre définitive avec  son Père et avec tous ceux qu’il aimait. Nous appuyant sur cette certitude de Jésus d’une présence d’un Dieu de tendresse, certitude qui est aussi la nôtre, nous pouvons surmonter nos peurs et redire dans nos coeurs cette parole de Dieu fondamentale qui traverse toute l’Écriture : « Je serai avec toi, je ne t’abandonnerai jamais ».

 

    La troisième leçon de cet évangile de résurrection est qu’il nous faut nous « déplacer » pour trouver le Christ. Non pas bien sûr un déplacement géographique comme les apôtres qui devaient aller en Galilée, mais se déplacer en ce sens de refuser de s’installer, mais continuer sans cesse à chercher à la fois dans la prière et dans un approfondissement permanent de notre foi.

 

    En cette fête de Pâques, Jésus dit à chacun de nous : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples ». Comme à ses apôtres, le Christ nous confie à nouveau aujourd’hui sa mission. Et il convient que, remplis de son Esprit, pour notre époque et selon les circonstances nouvelles qui font bouger notre monde, nous essayons comme le disait Jésus à Pilate : « Rendre témoignage de la vérité » par la cohérence de notre vie, par l’effort permanent pour mettre nos actes en accord avec nos paroles. C’est avec la « puissance du ressuscité » que nous pouvons, humblement porter ainsi témoignage dans notre vie quotidienne.

 

    Enfin Pâques, c’est cette parole merveilleuse qui conclut l’évangile de Matthieu « Et moi, je suis avec vous tous les jours ». Jésus vivant assure chacun de nous d’une présence non pas à certains moments exceptionnels de nos vies, mais tous les jours, dans les événements ordinaires, dans les événements heureux ou douloureux qui touchent notre vie.

 

    C’est pourquoi, fêter la résurrection de Jésus le Christ, n’est pas seulement faire mémoire de la victoire un jour de la vie sur la mort, mais la certitude de foi que le Seigneur aujourd’hui, nous aide à passer de la mort à la vie. Il nous donne de faire grandir chaque jour notre propre résurrection en faisant grandir en chacune de nos vies cet amour divin qui nous habite et qui est la source de la vie éternelle.

 

Publié dans Homélies du dimanche

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