Retraite Diacres 2017 1er exposé

Publié le par Père Maurice Fourmond

Jésus Christ au centre de ma vie

    Je souhaite que nous commencions notre retraite en nous remettant devant le Christ Jésus, centre de notre vie.
    Nous savons que pour le chrétien, la foi n’est pas d’abord ni surtout un ensemble de vérités à croire, mais une relation aimante avec Dieu. Vous connaissez peut-être cet apologue d’un vieux sage venu d'Orient qui se présente à Paris. Il interroge les passants : « Où puis-je trouver résumé l'essentiel de la foi chrétienne ? » On lui dit qu'à la Bibliothèque Nationale, il trouvera tous les livres qu'il désire. Notre sage se rend donc à la Bibliothèque et réitère sa demande. L'employé est perplexe : « Cher monsieur, il y a des milliers de livres sur la foi chrétienne ». « Pouvez-vous m'indiquer un auteur qui fasse autorité ? » Le préposé qui ne manque pas de culture lui indique ce grand théologien que fut Saint Thomas d'Aquin « mais, ajoute-t-il, il a écrit de nombreux ouvrages ». « Indiquez m'en un particulièrement important ». L'employé va chercher dans la Somme Théologique de Saint Thomas le livre sur la Trinité et le tend au vieux sage. Celui-ci va s'asseoir à une petite table, ouvre le livre et tombe sur le chapitre intitulé : « Dieu est relation ». Le vieux sage reste un moment en silence, puis il rend le livre au bibliothécaire en lui disant « Merci, cette phrase me suffit ».


    C’est probablement en effet ce qui constitue la spécificité des religions monothéistes et particulièrement de la religion chrétienne de croire que Dieu est relation et relation d’amour. Si nous croyons au Dieu de Jésus Christ, notre vie consiste à vivre des relations aimantes avec ce Dieu qui n’a pas cesser de m’aimer depuis le premier instant de ma vie.
    Mais pour nous chrétiens, notre
relation aimante avec Dieu passe par Jésus de Nazareth le Fils bien aimé. La Révélation nous affirme déjà que Jésus est au centre de l’univers comme l’évangile de Jean le dit dans son prologue : Jésus est le Verbe, la Parole faite chair or « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui... Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde... Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » Jn 1, 1...14. Saint Paul le dit aussi très explicitement : « En lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui » Col 1, 16-17. Si la personne de Jésus est au centre de la création, elle est aussi le centre de toute l’histoire humaine puisque comme Jésus le dit dans l’évangile de Jean : «  Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » Jn 14, 6. La vie de l’homme, sa vie éternelle est définie ainsi par Jésus : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » Jn 17, 3. Nous savons que dans le langage biblique, la connaissance n’est pas d’abord un savoir, mais elle est la participation à l’intime de la personne ; ainsi pour nous la vie éternelle c’est de participer à l’intime de Dieu, de sa vie, de son être même.


    Et nous ne participons pas à la vie divine seulement comme des créatures, mais comme les enfants bien-aimés de Dieu à l’image de Jésus, lui qui est comme le dit Paul : « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature » Col 1, 15. Ou encore dans l’épitre aux Romains : « Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères » Rm 8, 29.


    Ainsi pour nous vouloir mettre le Christ Jésus au centre de notre vie c’est, à l’image de Jésus, construire en nous notre véritable vie c’est-à-dire à la fois notre plein épanouissement humain et la réalisation de ce pour quoi nous sommes c’est-à-dire le partage de la vie éternelle de Dieu comme ses filles et ses fils bien-aimés.

1-Jésus de Nazareth, l’homme parfait selon Dieu
    Ainsi, pour comprendre qui nous sommes et à quoi nous sommes appelés, il nous faut revenir à cette source qu’est Jésus de Nazareth. A la femme de Samarie venue chercher de l’eau au puits, Jésus dit : “Si tu connaissais le don de Dieu et celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui aurait demandé et il t’aurait donné de l’eau vive” (Jn 4, 10). Prenons quelques minutes pour contempler ce Jésus déjà dans son humanité telle que les évangiles nous la montrent afin d’y puiser cette eau qui nous révèle qui nous sommes, notre dignité et ce à quoi nous sommes appelés.


    Jésus est vraiment l’homme selon Dieu, aussi, regardons les aspects les plus importants de sa vie non pour l’imiter dans la matérialité de son existence, nous vivons dans un tout autre contexte, mais pour en saisir l’esprit, pour y découvrir un chemin.


    La première chose qui frappe c’est le silence de ces quelques trente années qui ont précédées sa vie publique. Ce n’est ni pour exalter le silence, encore moins une parenthèse dans la vie de Jésus, mais pour découvrir une règle importante de l’agir de Dieu : d’une part qu’il y a un temps pour tout et d’autre part que les choses importantes nécessitent parfois un long mûrissement. Si la vie de Jésus peut représenter symboliquement l’histoire de l’humanité tout entière, on comprend que la manifestation du dessein de Dieu ait demandé de longs siècles avant de parvenir à la conscience des hommes dans le petit peuple d’Israël. Il y a une patience de Dieu qui est soulignée à plusieurs reprises dans les évangiles : je vous renvoie en particulier à la parabole du figuier stérile (Luc 13, 6-9), ou encore à celle du bon grain et de l’ivraie (Mt 13, 24-30). Notre expérience nous montre qu’il faut du temps pour que les choses importantes mûrissent. Nous sommes souvent des êtres impatients, on voudrait voir tout de suite les résultats de nos efforts. Le silence de Nazareth nous rappelle qu’il faut du temps avant de voir l’épi sortir de la tige.


    Parmi les traits essentiels de l’homme Jésus, soulignons-en les principaux. La lecture des évangiles nous disent que Jésus était un homme de prière. Que de fois il nous est rapporté qu’il se retire à l’écart pour prier. Non seulement il participe comme tout bon juif aux prières liturgiques du sabbat, mais il est sans cesse en relation avec son Père pour se laisser aimer, pour le supplier comme à Gethsémani comme aussi pour lui rendre grâce : “je te loue, Père, de ce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits” (Mt 11, 25). Jésus n’a pas cessé d’être en communion profonde avec Dieu, son Père.


    Jésus, homme de prière est aussi un homme libre. C’est un des traits majeurs de sa vie. Sa liberté se manifeste dans tous les domaines : dans son rapport aux autorités religieuses et à la Loi prise à la lettre : voir comment, pour lui, la compassion l’emporte sur les interdits du sabbat. Jésus est libre dans ses relations avec les gens : il est aussi à l’aise invité à la table des publicains et des pécheurs que chez le pharisien Simon ou chez ses amis de Béthanie. Il est libre devant le danger : quand on veut le précipiter du haut d’un escarpement à Nazareth, l’évangile conclut tranquillement : “Mais lui, passant au milieu d’eux, alla son chemin” (Lc 4, 30). Ou encore quand il doit se rendre à Jérusalem malgré les risques de mort dont ses apôtres sont bien conscients : “Allons nous aussi et nous mourrons avec lui” (Jn 11, 16). Jésus a conscience d’être libre dans le don de sa vie : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne” (Jn 10, 18). Sa liberté, Jésus souhaite qu’elle nous habite comme le rappelle saint Paul dans la lettre aux Galates : “C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés” (Ga 5, 1).


    Dans l’énumération des traits essentiels de la personnalité de Jésus, il faut bien sûr souligner sa compassion pour les pauvres, les malades, les infirmes. L’évangile est plein de récits qui nous montrent l’émotion de Jésus devant le malheur des gens. Entre mille, citons ce passage où Jésus rencontre cette veuve aux portes de Naïn, accompagnant le cercueil de son fils unique : “En la voyant, le Seigneur fut pris de pitié pour elle et lui dit : Ne pleure plus” (Lc 7, 13). Jésus ne peut pas supporter la souffrance des gens qu’il rencontre, il intervient à chaque fois pour soulager la peine des gens.


    Enfin, signalons la fidélité de Jésus, fidélité bien sûr vis à vis de son Père dont il accomplit toutes les oeuvres, fidélité à l’égard de ses apôtres dont il confirme la foi et les assure de sa présence “tous les jours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20), fidélité à sa mission qu’il va mener jour après jour malgré les difficultés et cela jusqu’à accepter de perdre sa vie. La vie de Jésus se présente toujours comme une vie donnée. 


    Ce ne sont que de trop brèves allusions à l’exemple que Jésus n’a cessé de nous donner d’une vie de fils. Je vous renvoie aux évangiles où vous pourrez découvrir et redécouvrir de nombreux témoignages de ces qualités humaines et spirituelles de Jésus. Bien sûr nous avons nos qualités mais aussi nos limites et dans notre vie, il n’est pas toujours facile d’entrer dans ces diverses attitudes du Christ. Toutefois, contempler ainsi la personne de Jésus dans sa vie terrestre est déjà une source bienfaisante pour notre propre vie. Cependant, mettre Jésus au centre de sa vie va beaucoup plus loin que de faire nôtres ces valeurs, si fondamentales soient-elles, car c’est avec le Christ vivant qu’il nous faut construire notre vie.

2- Jésus est vivant pour moi aujourd’hui
    Jésus n’est pas d’abord un homme du passé même si la connaissance que nous pouvons avoir de ces quelques années vécues sur la terre de Palestine est extrêmement précieuse pour nous. Nous croyons que Jésus est vivant, que l’amour du Père l’a pleinement transfiguré et, selon sa promesse, qu’il est toujours avec nous jusqu’à la fin des temps. C’est pourquoi notre relation avec lui, si mystérieuse soit-elle, n’est pas d’abord un acte de mémoire. C’est une réalité spirituelle. Certes, comme pour tout ce qui est Dieu et tout ce qui est en Dieu, nous n’avons pas de relation directe. Notre relation est toujours médiatisée par des moyens humains, mais elle n’en est pas moins réelle.


    Alors, que veut dire pour moi : “Le Christ est au centre de ma vie ? A la fin de la prière eucharistique, nous avons cette affirmation de la foi : “Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen !” Or cette gloire du Père n’est autre que le Christ Jésus son Fils bien-aimé ; la gloire de Dieu, c’est que nous sommes “par lui, avec lui et en lui”, des fils et des filles bien-aimés pour lui. C’est bien ce que nous dit le prologue de saint Jean : “Nous avons vu sa gloire (la gloire de Jésus), cette gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique” (Jn 1, 14). Au plan humain, nous disons cela de certains enfants qui ont particulièrement réussi, qu’ils sont “la gloire de leurs parents !”. 


    Cette relation de Jésus avec Dieu son Père, comme fils bien-aimé, est exprimée particulièrement dans deux récits : l’un est celui du baptême de Jésus (Mt 3, 16-17 ; Mc 1, 11), l’autre de la transfiguration (Lc 9, 28). Je vous invite à méditer ces deux récits qui soulignent l’intimité de Jésus avec son Père comme, en Jésus, il nous est donné de le vivre nous aussi. Mettre le Christ au centre de notre vie, c’est être associés à Jésus dans sa prière (nous en reparlerons demain). Comme lui, nous sommes peu à peu transfigurés par l’amour qui nous fait devenir chaque jour davantage ses fils bien-aimés.


    Si donc je m’interroge : comment Jésus est au centre de ma vie, la première réponse est qu’en lui j’ai à devenir fils de Dieu car c’est là que se réalise vraiment ce que je suis, mon véritable destin et toute ma joie.

3- Mais comment je peux devenir “fils” à la manière de Jésus ?
    On ne peut devenir ”fils” qu’en redécouvrant qui est “notre Père”. La plus belle image que Jésus nous a laissée de Dieu-père se trouve sans aucun doute dans la parabole dite “du fils prodigue” mais qu’on appellerait plus justement la parabole de l’amour fou d’un père. C’est en méditant cette parabole que nous pouvons découvrir ou redécouvrir la paternité de Dieu.


    Et d’abord, un père qui accepte d’une certaine façon de “mourir” pour que son fils vive dans la liberté de son choix. C’est bien le sens de l’héritage réclamé par le fils cadet et donné par le père : “Donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son avoir” (Lc 15, 12). On ne réclame un héritage qu’après la mort de ses parents. A travers cette image, c’est la “kénose” de Dieu qui est signifiée : Dieu-père accepte de se “retirer” afin de laisser le champ libre à ce fils qu’il aime. Le retrait de Dieu après nous avoir tout donné est un des aspects les plus mystérieux mais aussi les plus troublants de l’amour de notre Père.


    Mais ce retrait n’est pas sans souffrance, une souffrance qui est signifiée à travers l’attente douloureuse du père. Le Père Baudiquey, méditant sur le tableau de Rembrandt du fils prodigue a ces mots émouvants concernant le visage du père : “Son visage d’aveugle. Il s’est usé les yeux à son métier de Père. Scruter la nuit, guetter du même regard l’improbable retour ; sans compter toutes les larmes furtives... Il arrive qu’on soit seul ! Oui, c’est bien lui, le Père, qui a pleuré le plus”.


    Le père de la parabole est un père qui attend dans une infinie patience le retour de son fils. Cette patience de Dieu est bien un des signes majeurs de l’amour. Saint Paul, dans ce fameux chapitre 13 de la première aux Corinthiens, le dit explicitement : “L’amour prend patience” (1 Co 13, 4).


    Et la parabole continue ; le fils, poussé par la misère, décide de revenir à la maison paternelle : oh ! pas triomphalement, le père le gardera peut-être non pas comme un fils mais comme un serviteur. Mais le père dès qu’il l’aperçoit au loin court se jeter à son cou et le couvre de baisers. Il ne voit que son fils qui était mort et qui est revenu à la vie, qui était perdu et qui est retrouvé. Ce n’est que son enfant qu’il voit : oubliée l’ingratitude du fils, oublié son échec, oubliées ses fautes. Avant même que le fils puisse balbutier la petite phrase préparée à l’avance et qui devait attendrir le père, celui-ci le regarde seulement comme son enfant bien-aimé. Voilà comme est Dieu, voilà comme est le Père dont nous sommes les fils en Jésus. Mettre le Christ au centre de sa vie, c’est regarder Dieu comme le père du fils prodigue.


    Le père de la parabole réintègre son fils dans sa dignité de fils : “Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici...” (Lc 15, 22-23).


    Ce qu’est Dieu comme père va encore se manifester vis à vis du fils aîné. Celui-ci a toujours obéi aux ordres de son père, mais dans une attitude rigide et à la limite intolérante : ceux qui n’agissent pas comme lui n’ont aucun droit encore moins ce frère cadet qui a dilapidé son héritage dans une vie de désordre. Lui, le fils aîné est un homme d’ordre, comme le pharisien dans la parabole du pharisien et du publicain, il n’est pas comme les autres, il a droit a plus d’égards, il refuse d’entrer dans l’amour gratuit du père. Alors, celui-ci sort, quitte la fête pour supplier son enfant de se joindre à la joie de tous : “Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir parce– que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé” (Lc 15, 31-32).


    Voilà ce Dieu-père dont nous sommes les enfants. Comment ne pas l’aimer, comment ne pas faire tout pour répondre à l’amour qu’il nous porte. C’est avec Jésus notre frère aîné qu’il nous faut apprendre à devenir des fils. Il ne s’agit pas de l’imiter dans ses actes, mais dans la relation filiale qu’il entretient avec son Père qui est aussi notre Père.

4- Quels liens aujourd’hui, pouvons-nous avoir avec Jésus, le fils bien-aimé ?
    Je relève trois aspects principaux ; je les signale simplement ce matin car nous les développerons dans nos entretiens au cours de la semaine.


    Le premier est l’écoute de sa Parole. Dans le grand récit de la transfiguration que nous évoquions tout à l’heure, la voix du Père non seulement désigne Jésus comme son fils bien-aimé, mais elle conclut en nous invitant à l’écouter : “Écoutez-le !”. La première attitude pour mettre le Christ au centre de notre vie, est celle de l’écoute. Écouter le Christ, c’est écouter sa Parole, c’est écouter son Esprit. La parole de Jésus est une parole pour l’aujourd’hui de notre vie. Nous en parlerons après demain. Notons déjà les conditions de l’écoute : la disponibilité du coeur et de l’esprit, l’attention de tout notre être, l’acceptation, sans condition, de se laisser façonner par la parole.


    Notre relation au Christ se vit bien sûr à travers la vie sacramentelle et particulièrement l’eucharistie ; là encore nous prendrons une rencontre pour entrer dans ce mystère. Les sacrements de l’Église ne sont pas autre chose que le déploiement dans le temps et l’espace de l’unique mystère qu’est le Christ Jésus. À travers les signes sacramentels, il nous est donné de nous laisser rejoindre par le Christ Vivant pour que nous soyons habités par tel ou tel aspect de son mystère et que nous en vivions.


    Enfin le troisième lieu de rencontre avec Jésus est bien sûr la rencontre de ceux et celles que le Seigneur met sur notre route, particulièrement les plus faibles. Vous connaissez par coeur ce texte de saint Matthieu appelé “le jugement dernier”. À ceux à qui Jésus dit qu’ils l’ont secouru ( “J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; malade  et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venu à moi” Mt 25,35-36), et qui s’en étonnent ( “Quand donc nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir...” v.37), Jésus répond : “Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait” (v. 40).


    Ainsi, mettre Jésus au coeur de sa vie, c’est être habité par le même regard fraternel qu’il porte sur tout être humain, spécialement le plus faible. Être habité par ce regard, c’est vraiment mettre le Christ au centre de sa vie.

    Nous parlerons de la joie de cette intimité avec Dieu en conclusion de notre retraite. Mais déjà, vivons sous le signe de la joie promise par Jésus : “Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite” (Jn 15, 11).
 

Publié dans Conférences

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