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Publié par Père Maurice Fourmond

1er dimanche de Carême

26-2-2012

 

Marc 1, 12-15

 

Homélie

 

Chaque année, le premier dimanche de Carême nous rapporte le baptême de Jésus et ce temps de silence dans le désert poussé par l’Esprit. En cette année B, c’est dans l’évangile de Marc que cet épisode nous est rapporté. Le texte est très court, il est en lien avec les deux autres lectures de ce dimanche. La première nous parle de l’Alliance que Dieu a contracté avec Noé à la fin du déluge. Saint Pierre dans sa lettre fait le lien entre Noé sauvé des eaux et notre propre baptême et les quelques lignes de l’évangile commencent par nous dire que Jésus reçut le baptême de Jean puis fut conduit au désert.


Nous sommes donc invités par les textes bibliques d’abord à nous souvenir de notre propre baptême. Même si nous avons été baptisés tout petits, nous savons qu’il nous faut sans cesse ratifier, confirmer, dire «oui» à notre baptême, découvrant ou redécouvrant l’engagement qu’il implique. Si nous croyons que notre baptême a été une parole de Dieu sur nous, nous redisant son amour paternel, déclarant devant tout le monde un amour déjà donné dès le premier instant de notre vie, il nous faut sans cesse reprendre conscience qu’il convient de lui répondre, il s’agit de dire «oui» à cet amour de Dieu qui nous est sans cesse offert. Baptisés dans la mort et la résurrection de Jésus, nous savons que notre réponse, notre «oui» ne peut être qu’associée à la réponse de Jésus, au «oui» de Jésus. C’est pourquoi, nous ne pourrons répondre à l’amour de notre Père qu’en restant unis à son Fils bien aimé, au  Christ Jésus comme ses frères et ses soeurs. Pendant ce Carême, nous savons que Jésus est notre compagnon de route, nous acheminant vers la lumière de Pâques.


Mais le premier dimanche de Carême est marqué aussi par l’envoi de Jésus au désert poussé par l’Esprit. Jésus est resté 40 jours dans le désert. Nous savons que le chiffre quarante désigne le temps d’une génération ou encore le vie moyenne d’une personne à cette époque. Ce chiffre symbolique marque bien des événements de l’histoire d’Israël. C’est le déluge qui a duré 40 jours (Gn 7, 17). Les hébreux ont cheminé 40 ans dans le désert sous la conduite de Moïse, David a régné 40 ans et le prophète Élie a marché 40 jours et 40 nuits avant d’arriver à la montagne de l’Horeb, où Dieu s’est manifesté dans le murmure d’un souffle ténu (1 R 19, 12). Ainsi, la symbolique du chiffre 40 nous dit que c’est toute notre vie qu’il convient de marcher à la rencontre de Dieu, vers ce bonheur que Dieu a promis à cette humanité qu’il aime. Les 40 jours qui nous séparent de l’illumination de Pâques ne sont que le signe de toute notre vie avant de recevoir l’illumination du face à face éternel.


C’est dire que c’est toute notre vie qu’il nous faut cheminer. Ce chemin est comparé à une marche dans un désert. Le symbolisme du désert évoque plusieurs choses. Déjà la pauvreté : le désert, par définition, est un lieu qui ne fournit que peu de choses, dans le désert, nous sommes loin de tous les produits de consommation. Tout en sachant qu’un minimum est indispensable, le désert nous invite à retrouver la simplicité de la vie, une certaine frugalité qui ne nous distrait pas de l’essentiel. Le désert est aussi le lieu du silence, ce silence qui fait peur parfois car il nous renvoie une image de nous-mêmes. Mais nous savons que ce silence est habité par un amour qui ne nous abandonne jamais et qui nous permet de nous regarder dans l’espérance. Le désert est aussi le temps de la tentation. Celle-ci est multiple, légion dirait l’évangile. Il en est une qui nous guette sans cesse, c’est la tentation du découragement. Elle a touché le coeur des hébreux dans le désert : ils regrettaient les oignons d’Égypte malgré l’esclavage qui les blessaient. Nous aussi nous pensons souvent : avant ou ailleurs, c’est mieux. Le désert est donc le lieu du courage pour vivre le présent. Mais le désert est aussi le lieu de la rencontre de Dieu, à condition que notre coeur soit ouvert à l’action de l’Esprit Saint. Et cette rencontre nous prépare à la joie pleinière du face à face éternel dont Pâque est comme l’annonce heureuse. 

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