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71 articles avec commentaires d'evangile de la semaine

"Le sel et la lumière"

Publié le par Père Maurice Fourmond

 

Le 9 octobre 2017

Fête de saint Denis 
Matthieu 5, 13-16
Homélie

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux".

    Vous avez peut-être remarqué les différences entre les deux images que Jésus utilise pour nous dire notre vocation de chrétien. L’une est le sel qui n’est pas visible mais seulement enfoui dans les aliments afin de leur donner du goût. L’autre, la lumière doit être au contraire visible par tous, en sorte que cette lumière invite les gens à rendre grâce à Dieu.


    Ainsi le sel doit être bien mélangé aux aliments afin que tous les aliments aient du goût. Cette image nous invite à deux attitudes indispensables. Pour être sel, il convient que nous soyons mélangés à tous les aliments. C’est dans la pâte humaine que nous devons être et non pas à l’extérieur comme en surplomb. Il s’agit d’être au coeur de la pâte humaine, d’être avec les hommes, partageant leurs souffrances, leurs inquiétudes, leurs espoirs, leurs attentes, leurs joies. Il s’agit de mettre les mains dans le cambouis de la vie quotidienne ; il s’agit « d’être avec ». N’est-ce pas ce que Dieu a fait le premier en partageant la totalité de notre condition humaine dans l’Incarnation de son Fils.


    L’autre condition du sel est qu’il garde sa saveur. Dieu nous demande d’être nous-mêmes, sans complexe comme sans vanité. Il ne nous demande pas de jouer la comédie en se présentant autre que ce que nous sommes en vérité, mais d’avoir la force d’être et d’agir selon ce que nous pensons juste et vrai.


    L’autre image inverse est celle de la lumière. Il s’agit d’être vu des hommes. Mais pas n’importe comment. Il ne s’agit pas de briller par de belles paroles. L’évangile est très clair : « Alors, voyant ce que vous faites de bien ». L’évangile ne dit pas « écoutant vos discours », mais « voyant ce que vous faites de bien ». L’éclat de la lumière n’est pas, en tous cas pas d’abord, dans les mots, mais dans ce que l’on fait de bien. Si Jésus a beaucoup enseigné, son enseignement était pratiquement toujours précédé d’actes de compassion, d’attention au plus faible, au petit. Jésus commence par guérir les malades avant d’annoncer la bonne nouvelle du Royaume.


    La lumière que nous devons rayonner est une attitude d’attention, d’amour vrai qui sait prendre des risques, se compromettre pour l’autre à la manière du « bon samaritain » de l’évangile.


    Les deux attitudes de l’enfouissement et de la lumière ne sont pas contradictoires. Chacun privilégiera l’une ou l’autre selon sa vocation, ses charismes et sans doute son histoire. La mission comporte de vivre ces deux manières d’être au monde, d’être dans le monde. Ainsi le chrétien se doit d’être sel, mais pour que le sel mélangés aux aliments offre de la joie aux convives, pour que ceux qui nous voient vivre y voient la présence d’un Dieu amour, il convient de faire du bien car seul le bien reconnu permettra de rendre gloire à notre Père qui est aux cieux.

 

    Alors entendons ce que Jésus nous dit et demandons à l’Esprit Saint la grâce du sel et de la lumière.

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« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »

Publié le par Père Maurice Fourmond

Évangile d’un jour
7 septembre 2017
Luc 5, 1-11

1 Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. 2 Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 3 Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
4 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. » 5 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » 6 Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. 7 Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
8 A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » 9 L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; 10 et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » 11 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

   Certes cet évangile nous parle de la vocation de Pierre et de ses compagnons. Je voudrais m’attarder sur la réponse de Pierre en la transposant dans notre vie de disciples de Jésus aujourd’hui : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. ». Je pense qu’il est légitime de penser que la barque dans laquelle Jésus est monté peut être la barque de notre vie ; et la parole de Pierre peut être celle de beaucoup d’entre nous quand, au terme de notre vie, nous avons l’impression de n’avoir rien rapporté dans nos filets. « Nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre », c’est parfois le sentiment qui nous habite d’un certain vide de notre existence. Certes, nous avons essayé d’être fidèles, nous nous sommes efforcés de vivre selon l’Évangile, nous avons sans doute aidé des personnes à grandir, mais il arrive que cet aspect positif de notre vie disparait dans le sentiment d’une vie bien médiocre, et même d’voir "peiné" en vain.
    C’est alors qu’il nous faut prendre à notre compte la confiance de Pierre « sur ta parole, je vais jeter les filets ». Sur quoi se fonde la confiance de Pierre ? Il a le sentiment comme nous d’ailleurs, que cette parole de Jésus est une parole de vie. La confiance de Pierre n’est pas fondée sur la compétence de Jésus en matière de pêche. Lui Pierre est un pêcheur expérimenté, il connait par coeur ce lac de Galilée et s’il était revenu au matin sur le rivage en n’ayant rien pris, il savait qu’il serait inutile de repartir à la pêche, il n’ y a pas de poisson en vue.
    Mais Pierre a confiance dans la parole de son maître. Il sait que cette parole peut le faire vivre. D’ailleurs plus tard il le redira lorsque, après que Jésus aie parlé de son corps et de son sang comme nourriture, quand beaucoup de ses disciples le quittent car cette parole est impossible à entendre, Pierre à la question de Jésus  « voulez-vous, vous aussi me quitter ? » dira  « À qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ».
    Pierre a conscience que la parole de son maître est capable de réaliser ce qui semble impossible à vue humaine. Ayons la même confiance que Pierre et prenons le risque d’avancer au large et de jeter le filet. Derrière cette parole, Jésus vient nous dire que toute vie même apparemment vide, peut être remplie par un incroyable amour qui donne peut donner du sens à notre vie, la remplir et même avec abondance.
    Dans cette Eucharistie que nous célébrons, le Christ va remplir le filet de notre vie par l’abondance de sa vie ressuscitée nous affirmant que notre vie peut être pleine et réussie dans la mesure où nous laisserons le Seigneur lui-même remplir le filet de notre vie.

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"Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés"

Publié le par Père Maurice Fourmond

Évangile d’un jour

Vendredi 19 mai 2017

Homélie

 

Jean 15, 12-17

12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

17 Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

 

    Je voudrais retenir trois réflexions de ce bel évangile de Jean. La première  concerne la parole de Jésus qui inaugure notre passage: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il ne s’agit pas de n’importe quel amour, mais celui dont les apôtres ont été les témoins et les bénéficiaires. En effet, aimer s’apprend. Le petit enfant doit apprendre à aimer et cela à partir de l’exemple de ceux qui l’entourent en particuliers de ses parents. Un enfant qui n’a pas été aimé ou qui a été mal aimé s’en ressentira longtemps jusqu’au jour où il découvrira grâce à quelqu’un ce que c’est qu’aimer. 

 

    Nous avons besoin d’un maître pour aimer et pour nous, notre maître est le Seigneur Jésus. D’où l’importance de connaître comment Jésus a aimé au cours de sa vie, les relations qu’il a eu avec ceux qui l’ont entouré. Nous apprendrons ainsi à aimer en vérité jusqu’à nous donner nous-mêmes comme Jésus. La petite Thérèse avait bien compris ce message quand, en regardant le Christ Jésus, elle affirmait : aimer c’est tout donner et se donner soi-même ».

 

    Ma seconde réflexion part d’une autre phrase de Jésus : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître ». Cette parole de Jésus devrait changer notre manière de nous situer devant le Christ et devant Dieu. Devant Dieu nous sommes des fils et des filles bien-aimés, et devant Jésus nous sommes un ami, plus encore une soeur, un frère. Devant un ami, on a des attitudes simples, sans protocole et bien sûr sans crainte ni peur. On lui confie tout ce que nous avons dans le coeur comme Jésus a confié tout ce qu’il avait dans le coeur à ses amis. Si nous retenons le terme de serviteur, c’est pour montrer simplement qu’un ami est toujours prêt à rendre service et non pour signifier un quelconque esclavage indigne de l’amitié véritable.

 

    Enfin ma dernière réflexion consiste à me réjouir de ce que Jésus nous dit concernant le choix : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ». Parfois on s’inquiète sur les choix que nous avons fait : est-ce nous avons fait un bon choix, est-ce que nous sommes capables de remplir la mission qui nous est confiée, devant certains échecs on éprouve des sentiments de culpabilité. Certes notre décision personnelle est indispensable de même que notre fidélité, mais c’est rassurant de savoir que Dieu est le premier à nous appeler. Et donc de pouvoir compter sur la présence efficace de celui qui, par tel ou tel intermédiaire, nous a confié une tâche. N’est-ce pas exactement ce qu’a vécu notre mère Marie. Dieu lui a confié une tâche importante ; il a fallu qu’elle acquiesce à ce choix de Dieu, il a fallu son "oui" comme aussi sa propre fidélité. Mais elle pouvait toujours compter sur le soutien de celui qui l’avait choisi et qui ne l’abandonnerait jamais.

 

    Alors, dans notre Eucharistie découvrons comment notre maître a aimé et continue d’aimer  ; entrons dans la prière de Jésus avec toute notre amitié pour ce Seigneur qui est notre ami et notre frère ; et rendons grâce pour le Dieu fidèle qui nous a choisi et continue sans cesse à nous choisir.

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Jésus ressuscité se manifeste au bord du lac de Tibériade

Publié le par Père Maurice Fourmond

Évangile d’un jour

 

Vendredi 21 avril 2017

 

Év. selon saint Jean  Chapitre 21, 1-14

«Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples».

 

    Parmi les nombreux sujets de réflexion que suggère ce texte, j’en retiens deux. Le premier concerne la mémoire. L’ensemble des manifestations du ressuscité font appel à la mémoire des personnes qu’il rencontre. C’est Marie de Magdala qui, dans l’homme près du tombeau, croit voir le jardinier jusqu’au moment où cet homme l’appelle par son nom : « Marie ». Au son de cette voix qui prononce son nom, Marie de Magdala reconnaît la voix de celui qu’elle aimait, ce Jésus qui l’avait délivré, et la mémoire des moments passés avec ce Seigneur lui revient : celui qui lui parle est bien Jésus, il est vivant. En Saint Luc, les disciples d’Emmaüs ont le coeur tout brûlant tandis que cet étranger qui les a rejoint sur la route leur parle des Écritures qui concernait ce Jésus  qu’ils croyaient mort. La Parole de Dieu qui leur revient en mémoire par cet étranger les bouleversent au point qu’ils vont le retenir à l’auberge « reste avec nous » pour enfin le reconnaître vivant pendant le repas. Dans notre récit, c’est encore la mémoire qui va travailler les apôtres. Ils ont repris leur métier de pêcheurs ; là encore un étranger sur le rivage les invite à jeter les filets à droite et c’est une pêche miraculeuse alors qu’ils n’ont rien pris de toute la nuit. Cette pêche miraculeuse leur remet en mémoire une autre pêche, le jour où Jésus les a appelés et où ils ont tout quitté pour le suivre. Celui qui vient de leur demander de jeter le filet ne peut être que celui qui les avait appelés à le suivre, c’est Jésus vivant.

 

    À nous aussi il est demandé de faire appel à notre mémoire. Quand la vie est difficile, que nous avons l’impression d’être abandonnés même par Dieu, alors nous pouvons chercher dans notre mémoire ces moments privilégiés où un courage, une parole, une décision qui nous ont été donnés avaient été reconnus comme la présence et l’action même de Dieu. Alors, éclairés par la mémoire d’une présence efficace de Dieu dans notre vie, nous pouvons renouveler notre confiance, reconnaître la présence de ce Dieu de tendresse et retrouver la paix intérieure.

 

 

    L’autre réflexion m’est suggérée par la demande de Jésus. Le ressuscité avait préparé un repas sur un petit feu de braise sur lequel grillait un peu de poison ; ce repas préparé était comme une réponse à la parole déçue de ces pêcheurs qui avaient dit à l’homme sur le rivage qu’ils n’avaient rien à manger. Or après la pêche miraculeuse Jésus ressuscité leur demande d’apporter de ce poisson qu’ils viennent de prendre. C’est comme si Jésus voulait que ses amis participent à la préparation du repas. Nous avions cette même perspective lors de la multiplication des pains en Saint Jean (chapitre 6) : les gens n’avait rien à manger et Jésus ne voulait pas les renvoyer ; mais pour donner à manger à la foule, il convenait que les gens participent même pour une part modeste voire infime. Et c’est ainsi qu’un petit garçon apporte à Jésus cinq pains et deux poissons ; mais « qu’est-ce que cela pour tant de gens » (Jn 6, 9) pensent les apôtres. Mais avec le peu qui est apporté, Jésus va nourrir toute la foule et même en abondance.

 

    De même le poisson que les amis de Jésus doivent apporter pour le repas est le symbole de ce qu’il nous est demandé d’apporter dans notre vie, même si c’est très peu de choses. Avec le peu que nous pouvons offrir, Dieu va faire de grandes choses et nourrir le coeur de beaucoup de personnes.

 

    Dans cette Eucharistie, nous faisons mémoire de Jésus qui a donné sa vie pour le monde et nous reconnaissons sa présence vivante au milieu de nous et nous apportons aussi un peu de notre travail, un peu de pain et de vin, un peu de notre vie ; mais avec ce peu Jésus va nourrir de sa vie ressuscité tous ceux qui sont présents et remplir leur coeur de lumière. 

 

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Où se trouve le règne de Dieu ?

Publié le par Père Maurice Fourmond

Évangile d’un jour

Mercredi 9 Novembre 2016

Luc 17, 20-25

 

20 Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.

21 On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »

22 Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.

23 On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.

24 En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.

25 Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération.

 

    À la question des pharisiens : « quand viendrait le règne de Dieu », Jésus a répondu par ces paroles : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : Voilà, il est ici ou bien il est là, et de conclure : « Voici que le règne de Dieu est au milieu de vous ».

 

    On peut comprendre la parole de Jésus au sens où il n’est pas nécessaire d’aller loin pour trouver le règne de Dieu : il n’est pas loin dans le temps comme s’il fallait l’attendre pour demain alors qu’il est pour l’aujourd’hui de nos vies ; ni loin dans l’espace comme s’il fallait quitter sa vie ordinaire, sa vie de tous les jours pour trouver le règne de Dieu. Jésus nous dit que le règne de Dieu est pour l’aujourd’hui et dans le quotidien de nos vies. Parole merveilleuse car ainsi ce règne de Dieu n’est pas inaccessible mais offert à chacun dans la réalité simple, ordinaire de sa vie. Encore faut-il ouvrir son coeur et son intelligence à sa présence ce qui nous demande de faire nôtre l’enseignement de Jésus à travers ses paroles et ses actes.

 

    Mais on peut aussi interpréter autrement la réponse de Jésus et la comprendre non plus dans une réalisation lointaine et difficile, mais comme l’interrogation permanente de notre esprit afin d’entrer dans le mystère de Dieu. « Il n’est ni ici, ni là » peut s’entendre ainsi : ce que je dis de Dieu est une manière imparfaite de parler de Lui, qu’il convient de reprendre sans cesse car ce que je dis ne présente qu’un tout petit aspect de ce qu’est Dieu et encore dans un langage qu’il conviendra de réviser sans cesse. Notre parole sur Dieu doit être sans cesse contestée : il n’est ni ceci ni cela même si nous touchons des aspects merveilleux de ce Dieu qui nous aime. Nous avons ainsi conscience que notre langage sur Dieu est imparfait et sans cesse à reprendre à partir de connaissances qui enrichissent notre perception de ce Dieu de Jésus Christ. 

 

    Ainsi la parole de Jésus nous invite à la modestie lorsque nous parlons du règle de Dieu c’est-à-dire de Dieu lui-même. Modestie ne veut pas dire erreur : nous approchons du mystère de Dieu mais en en reconnaissant les limites

.

    Que cet évangile nous ouvre deux chemins : l’un est de croire en vérité que la rencontre de Dieu se fait non pas dans des visions idéales mais dans la réalité simple et concrète de la vie de chacun. L’autre est que cette rencontre avec Dieu a toujours besoin d’être purifiée dans sa réalité concrète comme dans la façon dont il nous est donné de la comprendre et de l’exprimer.

 

    De plus, dans notre foi de chrétien, nous pouvons dire que la parole de Jésus sur le règne de Dieu se réalise chaque fois que nous vivons notre foi particulièrement lorsque nous la partageons avec d’autres : « Quand deux ou trois sont sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » Mt 18, 20. Jésus est le règne de Dieu présent au milieu de nous » pour notre bonheur.

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« Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! »

Publié le par Père Maurice Fourmond

Messe du 19 octobre 2016

Évangile de Luc 12, 39-48

 

Homélie

    Je voudrais partager avec vous deux réflexions que cet évangile me suggère. La première concerne la belle béatitude dite sur le bon serviteur : « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! », c’est-à-dire comme il est précisé juste avant : en train de distribuer en temps voulu la ration de nourriture à ceux dont il a reçu la charge.

    Ainsi, dans ce passage, le maître déclare heureux le serviteur qu’il trouve lorsqu’il survient, en train de faire son travail. La parabole nous invite à être prêt pour la venue imprévisible du Seigneur. Or, « être prêt » ne consiste pas à se tenir sans cesse en prière, mais à accomplir fidèlement sa tâche dans la certitude qu’accomplir sa tâche est la prière qui nous tient le plus près de Dieu. Ce n’est pas pour sous-estimer les moments de prière où on se tient exclusivement près de Dieu, mais c’est pour signifier que « faire la volonté de Dieu » c’est accomplir toutes les tâches que demande notre condition de fils et filles de Dieu, de frères et soeurs les uns pour les autres ; c’est la façon la plus juste de se tenir prêt pour la venue de Dieu.

    Mais quelle est la tâche que Dieu nous a confiée ? Certes, il y a les tâches particulières qui viennent de notre histoire, de nos capacités, de nos choix. Mais pour chacun la tâche essentielle consiste à devenir ce que nous sommes c’est-à-dire à grandir en humanité, cette humanité que Dieu aime et qu’il appelle à partager son bonheur. Pour grandir en humanité, nous avons le bel exemple de Jésus de Nazareth. Nous avons sa vie, ses paroles, ses actes tels que ses amis les ont compris et nous les ont transmis.

    C’est en travaillant à faire grandir en nous et autour de nous l’humain, cette humanité selon Dieu, que nous serons prêts à accueillir le Seigneur.

    N’est-ce pas d’ailleurs ce que Jésus n’a cessé de faire. Certes, Jésus a passé beaucoup de temps dans la contemplation silencieuse de ce Père aimant et aimé. Cependant quand Jésus nous dit qu’il fait en tout la volonté du Père, il parle de la mission qui est la sienne et pour laquelle il a tout donné y compris sa vie.  Nous comprenons la mission de Jésus à travers tout ce qu’il a fait, déjà dans cette vie cachée que n’ont pas connue les apôtres, et bien sûr, à travers ce qu’il a fait pendant les deux ou trois ans de vie publique. Dans sa rencontre avec le centurion Corneille, Pierre va ainsi définir la mission de son maître : « Ce Jésus issu de Nazareth, vous savez comment Dieu lui a conféré l’onction d’Esprit Saint et de puissance ; il est passé partout en faisant le bien, il guérissait tous ceux qui étaient asservis par le mal, car Dieu était avec lui » Ac 10, 38.         Ainsi, la meilleure façon de nous tenir prêts pour la venue du Seigneur, est de faire sincèrement, humblement ce que nous montre l’exemple de Jésus.

    Cette béatitude dans cet évangile, nous met en face de nos responsabilités. Chacun de nous a reçu des dons, des capacités à sa mesure, à la mesure de son histoire qui l’a façonné. Nous avons à gérer ces dons pour le service des autres. Il nous en sera demandé compte. Nous savons que la véritable humilité ne consiste pas à se mépriser, à se considérer comme bon à rien, mais à mettre en oeuvre ce que nous avons reçu, en reconnaissant que nous ne pouvons pas nous enorgueillir de ce qu’il nous est donné de faire selon la parole de l’apôtre Paul : « As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? » 1 Co 4, 7.

    Ainsi une question grave nous est posée : qu’as-tu fais des dons que tu as reçus ? Il ne s’agit pas de se décourager ou de culpabiliser, mais, en nous appuyant comme Jésus sur l’Esprit Saint qui nous habite, reprendre le service selon nos possibilités et avancer dans l’espérance.

 

    L’autre réflexion que je voudrais partager avec vous porte sur la finale de notre évangile : « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage ». C’est une parole que j’ai toujours gardé devant les yeux, conscient personnellement d’avoir énormément reçu. C’est cette parole qui hantait le vieux Saint Vincent de Paul. À la question de la reine : « Mais Mr. Vincent,  qu’auriez voulu faire que n’avez pas fait ? » Saint Vincent de Paul répond par un seul mot : « Davantage ».

    Encore une fois la parole de l’évangile ne nous est pas offerte pour nous culpabiliser mais tout au contraire pour nous demander de regarder l’avenir avec espérance.. Car cet avenir s’il nous appartient de continuer courageusement à le construire, nous sommes sûr de la présence discrète mais efficace de l’Esprit Saint.

    C’est pourquoi, la conclusion de cet évangile est de nous ouvrir à une totale confiance en celui qui, paradoxalement est à la fois un maître absent c’est-à-dire silencieux, mais aussi un Seigneur présent au coeur de nos vies par toute la présence de son amour infini.

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« N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »

Publié le par Père Maurice Fourmond

« N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »

Mercredi 26 octobre 2016 

Luc 13, 22-30

 

22 Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant.

23 Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit :

24 « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.

25 Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”

26 Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”

27 Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”

28 Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.

29 Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.

30 Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

 

 

    Cet évangile me suggère trois réflexions. Tout d’abord, vous avez sans doute remarqué que Jésus ne répond pas à la question qui lui est posée. Il ne dit rien sur le petit nombre ou le grand nombre des personnes sauvées. Il renvoie simplement chacun à sa conscience. C’est une habitude chez Jésus, il ne disserte pas sur des questions générales, il a toujours une réponse concrète qui s’adresse à chacun de ses interlocuteurs. Rappelez-vous le récit dit de la femme adultère ; des pharisiens lui demande s’il faut observer la loi de Moïse et lapider la femme prise en flagrant délit d’adultère ou non. Jésus ne répond pas à la question, il renvoie chacun à se conscience : « que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». La question du salut n’est pas une idée générale, mais le salut dépend de chacun, de la façon dont chacun vit.

    Et Jésus indique simplement le chemin du salut auquel chacun devrait se conformer : il faut passer par la porte étroite. Mais que veut dire Jésus par la porte étroite ? Il interroge chacun sur les choix qu’il a à faire chaque jour. La porte étroite, c’est la vérité du choix qu’il nous faut faire sans cesse. Le livre du Deutéronome le dit très clairement : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.  Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession... Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance » Dt 30, 15-20. Une amie avec qui hier je parlais de cet évangile m’a suggéré une autre image que la porte étroite, elle disait que c’était un étroit sentier sur une ligne de crête. Belle image qui dit bien le risque qu’il convient de prendre pour entrer dans le salut de Dieu.

    Enfin une dernière remarque sur la réaction de Jésus quand ses disciples veulent entrer dans la maison. Il dit « Je ne sais pas d’où vous êtes ». Ces personnes ne sont pas reconnus par le Christ, pourtant ils ont « mangé et bu en sa présence et suivi ses enseignements », pourtant ils ne sont pas reconnus par le Seigneur. Pourquoi ? C’est que pour être reconnus par le Christ, il nous faut « pratiquer la justice » dans tous les sens du mot « justice ». Nous pouvons dire, "mais Seigneur, nous avons participé régulièrement à la Messe, nous avons médité ta parole..." Pour être reconnus par le Christ Jésus, cela ne suffit pas, ce qui est essentiel consiste à l’image de Jésus, à nous ajuster à l’amour qu’est Dieu et à pratiquer la justice, le respect, la solidarité, l’amour envers les autres.

    Merci Seigneur de nous renvoyer à notre conscience, merci de nous montrer le chemin étroit de la sainteté, merci de nous rappeler quelle image de toi il convient de suivre.

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"Sur ta parole, je vais jeter les filets"

Publié le par Père Maurice Fourmond

 Évangile d’un jour

Jeudi 1er septembre 2016

 

Luc 5, 1-11

    En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.

    Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.

    Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »   Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.

    À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.

    Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

    Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

 

    Dans l’évangile de ce jour, Luc nous rapporte l’appel des premiers disciples au bord du lac de Tibériade. C’est à travers leur métier de pécheurs que Jésus va appeler Pierre, Jacques et Jean. C’est dans nos vies quelles qu’elles soient que Dieu nous adresse son message, c’est à travers le concret de nos vies que la parole de Dieu se manifeste, c’est à travers ce que nous vivons aujourd’hui que Dieu nous dit qu’il compte sur nous comme il a compté sur les pécheurs de Galilée.

    Dans l’évangile, à travers sa parole à Pierre, Jésus semble s’y connaître en matière de pêche. Or, Pierre connait bien son métier. S’ils n’ont rien pris pendant la nuit, il y a peu de chance qu’ils trouvent du poisson pendant la journée. Mais Pierre va faire confiance à la parole de Jésus. C’est peut-être une folie pour le bon marin qu’est Pierre, mais c’est sans doute la plus grande sagesse que de faire confiance à la parole de Jésus car, comme le dira Saint Paul aux chrétiens de Corinthe : « Si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage ». Pour le pécheur qu’était Pierre, c’était un peu de la folie de repartir pêcher sur le lac, mais faire confiance au Christ Jésus était aussi la sagesse la plus solide .

    L’essentiel de nos vies est fondée sur la confiance. Il y a souvent un peu de folie dans la confiance, en tous cas une part de risque. Mais sans la confiance rien ne se construit, rien ne tient debout. C’est la confiance qui nous permet d’avancer quelles que soient nos peurs. C’est en entendant cette parole : « Je sais que tu peux le faire » que l’enfant va pouvoir grandir. N’est-ce pas cette parole de confiance que Dieu ne cesse de m’adresser aujourd’hui et qui me donne d’avancer malgré tout.

    Pierre fait confiance à la parole de Jésus et cette confiance va porter non seulement un peu de fruit, mais du fruit en surabondance : « ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer ». Il fallut deux barques pour contenir le fruit de cette pêche..

    Maintes fois dans les évangiles nous voyons Jésus faire appel à la confiance de ceux qu’il rencontre ; comme par exemple avec cette femme atteinte d’une hémorragie chronique et qui était venue toucher son manteau par derrière. Jésus lui dit : « Confiance, ma fille, ta foi, ta confiance t’a sauvée » Mt 9, 22. C’est la confiance qui sauve.

    Dans cette eucharistie, demandons au Seigneur qu’il nous fasse grandir dans la confiance malgré l’impression souvent justifiée que tout va mal. Alors nous trouverons en nous une force de vie, la vie en abondance comme le promet Jésus : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » Jn 10, 10.

    En quittant tout pour suivre Jésus, Pierre, Jacques et Jean ont trouvé la vie en abondance, une vie certes chargée d’épreuves mais aussi d’une intense espérance et d’une joie intérieure profonde. N’est-ce pas cette abondance dont la source est en Dieu, même s’il nous a fallu travailler dur comme Pierre et ses compagnons, n’est-ce pas cette abondance qui a fait la joie de notre vie de prêtre. 

    Merci Seigneur de nous donner à nous aussi aujourd’hui, particulièrement dans cette eucharistie, la vie en abondance.

 

Maurice Fourmond

 

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"Entre dans la joie de ton seigneur"

Publié le par Père Maurice Fourmond

Évangile d’un jour

Samedi 27 août 2016

 

Matthieu 25, 14-30

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage : appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. 

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”

Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.

À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents ! »

 

    J’ai été frappé par la parole du maître qui, loue les deux premiers serviteur@s  d’avoir été fidèles en peu de choses. Pourtant le premier comme le second avait doublé la mise, l’argent confié par le maître. Pourquoi Jésus parle-t-il de « peu de choses » ? Il me semble que Jésus entend souligner que la fidélité ne s’exerce pas seulement ni d’abord dans de grandes choses, mais dans ce que nous vivions très simplement dans le quotidien de nos vies. Il s’agit d’être fidèle autant lorsque je balaie le couloir de la maison, que j’épluche des pommes de terre que lorsque j’ai à répondre autour de moi  de ma foi.

    Alors comment je suis fidèle dans les petites choses ? Je pense qu’il y a deux aspects de notre fidélité. L’un est « le travail bien fait » ; il est aussi important de bien façonner un barreau de chaise que de construire une cathédrale. Je suis fidèle lorsque je fais de mon mieux pour bien faire ce qui m’est demandé de faire.

    L’autre aspect de la fidélité est l’amour qui sous-tend ce travail si humble soit-il. Pourquoi un amour ? Pace que nous participons ainsi à la création de Dieu et que cette création est une oeuvre d’amour de Dieu. Nous nous associons à l’amour de Dieu créant ainsi la cette petite chose qu’avec moi il est en train d’apporter à l’univers.

 

    Une autre réflexion concerne le serviteur qui a enfoui l’argent dans la terre. La question qui nous est posée est celle-ci : quelle image avons-nous de Dieu ? Ce serviteur avait une image de son maître telle que toute ses décisions étaient motivées par la peur : « J’ai eu peur ». Si nous avons peur de Dieu nous nous situons devant lui non pas comme des enfants aimés infiniment, mais comme des esclaves qui redoutent la sentence du maître. Nos actes seront alors marqués par cette peur, plus encore nous ne les ferons qu’avec crainte et tremblement appréhendant toujours la sanction pour ce qui sera toujours regardé par le maître avec défiance, sans indulgence et sans amour. Quelle tristesse de se situer ainsi devant Dieu. Nous nous trompons de dieu. Une telle manière d’agir nous place non pas dans la lumière mais dans les ténèbres de la peur.

    On a pu se poser la question : qu’aurait dit le maître si l’un des deux premiers serviteurs ayant fait travailler l’argent de son maître aurait out perdu ? Toute action est risquée. Dieu n’a-t-il pas pris le risque de prendre notre nature humaine. L’échec de celui qui très honnêtement a essayé de bien faire et qui a échoué sans véritable responsabilité de sa part ne peut être considéré comme une faute. Je pense qu’alors le maître lui dirait : « Tu as été un bon serviteur mais tu n’a pas réussi, je vais te redonner de l’argent et je suis sûr que la fois prochaine tu feras mieux que précédemment. N’est-ce pas l’espérance de Dieu pour nous, cette espérance qui nous est redite chaque fois que nous recevons le sacrement de la réconciliation ; Dieu nous dit je te fais confiance, tu peux, tu es capable de faire mieux.

 

    Enfin que nous dit le Seigneur à travers ces mots étranges : «  À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a » ? S’il n’a rien que peut-on lui enlever ? J’ai envie de rapprocher cette phrase d’une parabole de Jésus, celle de ce personnage qui  avait de grands biens ; il détruit ses greniers pour en rebâtir de plus grands puis se dit, alors je vais pouvoir jouir de la vie ; et Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Lc 12, 20. Et Jésus de conclure : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. Et quelques lignes plus loin : « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». Au fond Jésus nous interroge sur la valeur de ce que nous entreprenons ; il est des choses que nous avons et qui sont comme du sable fin entre nos mains, elles s’écoulent sans qu’on le veuille et on perd même ce qu’on a.

 

    Demandons à Dieu cette fidélité qui nous permettra d’entendre les mêmes mots que dans l’évangile : « Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton seigneur » .

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"Jésus, lui saisissant la main, le releva et il se mit debout"

Publié le par Père Maurice Fourmond

Lundi de Pentecôte

16 mai 2016

 

Évangile Marc 9, 14-29

Homélie

 

    Ce récit de l’évangile, comme tout passage biblique, demande à être interprété en fonctions des conditions dans lesquelles ce récit a été écrit. Aujourd’hui, les réactions pathologiques du fils malade de l’évangile seraient reconnues avec évidence comme un état épileptique, tous les symptômes concordent. Mais à l’époque de Jésus, la culture voulait que ce qui apparaissait comme un état physique anormal, était dû à un esprit mauvais, à un démon. Jésus, en prenant totalement la condition humaine, n’avait pas d’autres connaissances que celles de son époque. Jésus, comme tout le monde croyait que l’enfant était habité par un esprit mauvais. Pour guérir l’enfant, il fallait faire sortir l’esprit mauvais qui l’habitait et les témoins de la scène ne pouvaient pas interpréter autrement la guérison de l’enfant. Aujourd’hui, pour être fidèles à la Parole de Dieu, il faut dépasser les interprétations de l’époque de Jésus pour comprendre quel message pour l’aujourd’hui de nos vies nous est offert à travers ce récit.

 

    Or ce message est contenu dans quelques phrases essentielles de cet évangile. La première est que seul Jésus peut nous guérir, non pas de nos maladies physiques, mais de ce qui nous empêche de vivre. Cela est souligné par le fait que les disciples ne peuvent rien faire. Comment ne pas nous rappeler la parole de Jésus qui confirme le récit : "Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire" Jn 15, 5. C’est en étant relié au Christ Jésus que la lumière peut illuminer notre vie.

 

    Une autre parole nous touche, c’est le cri du père de l’enfant : « Je crois, Seigneur, mais viens au secours de mon manque de foi ». N’est-ce pas notre propre prière. En effet qui n’a pas conscience de la fragilité de sa foi. Certes nous sommes profondément attachés au Christ Jésus mais nous nous sentons bien faibles lorsqu’il s’agit de comprendre la présence et l’action de ce Seigneur. Aussi nous devons sans cesse demander à l’Esprit Saint de ranimer notre confiance et de nous aider à nous attacher à la personne de Jésus au-delà de nos interrogations et de nos doutes. Il nous faut souvent redire au Seigneur la parole de son ami Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68.

 

    Vient ensuite le moment central de notre récit. L’enfant est considéré comme mort et l’évangile continue : "Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva et il se mit debout". D’une certaine manière, nous sommes comme morts ainsi que le rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Éphésiens : "Mais Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés" Ep 2, 4-5. Il nous est facile de nous mettre à la place de l’enfant que le mal a terrassé : les obscurités de nos vies où nous sommes comme morts ; et Jésus comme pour l’enfant nous saisit par la main, nous relève et alors nous nous remettons debout afin de reprendre le chemin de notre vie.

 

    Le dernier message est contenu dans l’explication que Jésus donne : cela ne peut se faire que par la prière. Nous avons conscience que pour avancer sur le chemin de la vie, à la fois tout dépend de nous car Dieu nous a voulu des êtres libres, mais aussi que tout dépend de Dieu et c’est pourquoi la prière, c’est-à-dire notre relation d’amour avec Dieu est indispensable.

 

    Dans notre eucharistie, que la prière du père dont le fils est malade soit notre prière, confiants que nous voulons être en la tendresse de Dieu.

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